05.06.2015 à 09:20

TennisHenri Leconte : «Stan adore provoquer»

A quelques heures de la demi-finale tant attendue entre Stan Wawrinka et Jo-Wilfried Tsonga, Henri Leconte, Paul Quétin et Marc Rosset se penchent sur les clés du match.

Henri Leconte: «Stan adore provoquer»

Henri Leconte: «Stan adore provoquer»

AFP

Les forces en présence:

Henri Leconte : «Si Jo arrive à bien servir, à placer ses gros coups droits et à percuter Stan sur deux ou trois coups, ça peut être jouable. D’un autre côté, on a vu Stan faire un match parfait contre Roger. Il a une assise, une vitesse de bras, une lourdeur des deux côtés. C’était monstrueux. Si Jo le déstabilise, il a une chance. Sinon ça sera long comme les deux fois qu’ils se sont joués ici et je donne un léger avantage à Stan.»

Paul Quétin (préparateur physique de l’équipe de France) : «Ces deux-là sont peut-être les deux joueurs le plus puissants du circuit. Ils ont la faculté d’accélérer la balle de n’importe quel endroit du terrain, c’est leur point commun. Par contre, ils n’ont pas du tout la même morphologie. Et sur le plan technique, Stan possède une fluidité étonnante côté revers - sans doute ce qui se fait de mieux sur le circuit - alors que la puissance de Jo se traduit vraiment côté coup droit où il peut donner de la vitesse mais aussi pas mal de rotation à la balle. Stan possède donc un jeu plus équilibré. Est-ce que cela peut avoir une incidence physique si le match dure ? Peut-être. Mais je crois qu’ils sont tous les deux très bien préparés physiquement et qu’ils sont capables de tenir cinq sets à haute intensité. »

La clé du match:

Henri Leconte: « Pour Stan, ça sera de martyriser le coup droit de Jo. Il faut toujours enfoncer le côté fort. Moi, quand je jouais Lendl, je frappais fort sur son coup droit pour espérer monter côté revers. Ça va être la devise de Stan. Jo, lui, devra essayer de faire mal sur les deux ou trois premières frappes de l’échange. »

Marc Rosset: «Tous les gros coups droits, il faut leur rentrer dedans. Ils n’aiment pas être titillé de ce côté-là. Pourquoi ? Parce que ces mecs-là – à part Agassi – ont souvent un revers un peu en-dessous. Donc ils aiment se décaler pour avoir une perspective plus confortable et pouvoir dicter le point en jouant décroisé ou long de ligne. Du coup, lorsqu’ils sont bousculés plein champ coup droit, ils sont empruntés. Contre Courier, j’adorais y aller sur son coup droit. Moi, quand on m’agressait sur le coup droit, j’avais l’impression que le terrain côté revers était immense. En fait, tu te sens comme si tu avais laissé la maison ouverte. Ce sera clairement la clé pour Stan. Parce que nous, les gros coups droits, on est habitués à taper 60% de nos frappes depuis la moitié revers et on déteste se faire sortir de cette zone de confort. »

L’aspect mental:

Henri Leconte: «Jo a reconquis le public qui, lui, entretient toujours un petit contentieux avec Stan. Donc ça va être drôle. Mais je crois que Stan aime bien ce genre d’ambiance. Il aime bien provoquer. Je m’attends à un match de folie.»

Paul Quétin: «Je ne crois pas que l’on puisse faire un lien avec Lille. C’était un autre contexte, un autre environnement. Pour Jo, Lille est oublié.»

Marc Rosset: «Stan a pour lui son vécu récent dans le dernier carré des Grands Chelems (ndlr. 4e demi-finale en 2 ans). Mais c’est quand même sa première demie ici et chaque Majeur est différent. Tsonga, à l’inverse, a déjà vécu cette situation ici. Il avait fait un match horrible contre Ferrer (2013). Du coup, Je n’envisage pas qu’il passe à côté de son sujet une deuxième fois. Je trouve aussi que le match de Lille ne peut pas faire office de référence. Stan avait été monstrueux mais rien ne sortait de la raquette de Tsonga, il était tellement crispé. Je m’attends donc à un match bien plus intense. Ou alors, si Stan refait un cavalier seul, c’est qu’il est vraiment monstrueux. »

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