Actualisé 28.05.2019 à 09:53

FranceHéritage de Johnny: la justice tranche ce mardi

Le tribunal de Nanterre rend sa première décision dans le cadre de la succession Hallyday ce mardi. Il doit notamment décider si le rockeur habitait principalement en France ou aux États-Unis.

par
AFP/Laurent Siebenmann
Johnny, décédé en décembre 2017, résidait-il principalement en France ou aux États-Unis?

Johnny, décédé en décembre 2017, résidait-il principalement en France ou aux États-Unis?

AFP

C'est ce mardi que la justice française doit décider si elle est compétente ou non pour étudier l’héritage de Johnny Hallyday. L'enjeu? Une succession classique en faveur de David et Laura, enfants du chanteur, si l'affaire relève du droit français. Ou, si le dossier relève du droit des États-Unis, l'entier du pactole pour l'épouse de la star, Laeticia.

La question est relativement simple: Johnny résidait-il principalement en France ou aux États-Unis? Les conseillers de la veuve du chanteur plaident évidemment pour la Californie. Ceux de David et Laura ramènent en permanence l’artiste à son destin français. La Cour devra trancher, entre les arguments de chacun qui ont défilé à la barre lors de l’audience du 29 mars dernier.

Un destin français

Pour les deux aînés du chanteur, cela ne fait aucun doute: leur père est «une part de la France», «un destin français», comme l'a rappelé à l'audience en mars l'un des avocats de Laura Smet. La question de son héritage contesté doit donc être tranchée en France.

«On voit que sa famille est en France, ses amis sont en France, ses souvenirs, son activité professionnelle est en France, ses projets sont en France», avait renchéri l'avocate de David Hallyday.

Résident américain

A l'inverse, Laeticia estime que les dernières années de la vie de son défunt mari aux Etats-Unis font de lui un résident américain. L'avocat de la veuve de Johnny avait dépeint «le goût de vivre» outre-Atlantique d'un rockeur «à la mentalité américaine».

Celui que la presse surnommait «le Taulier» avait élu domicile à Los Angeles depuis 2007 et était détenteur, depuis 2014 d'une «green card», la carte de résident permanent aux Etats-Unis, avait argumenté Me Albou.

Il «passait le plus clair de son temps» aux Etats-Unis - «195 jours» en 2016, contre «168 en France» - et il y avait «fixé la plupart de ses intérêts», a encore rappelé Me Albou. Des intérêts que Laeticia Hallyday tente de rapatrier dans le giron d'un trust basé en Californie.

Le fameux Trust

Le JPS Trust - pour Jean-Philippe Smet, vrai nom de la star -, a été établi en Californie de son vivant, au seul bénéfice de son épouse. Dans son testament, il a émis le souhait que l'ensemble de ses actifs y soient transférés à sa mort. Mais pour les avocats des aînés du chanteur, ce trust est un «coffre-fort» duquel rien ne peut sortir une fois les actifs transférés.

David et Laura ont déjà obtenu le gel des propriétés française du chanteur ainsi qu'une partie de ses droits d'auteurs et royalties pour protéger la part d'héritage à laquelle ils pourraient prétendre.

Le 30 avril, un tribunal américain a renvoyé au 26 juin une décision sur le transfert au sein du trust des Harley Davidson de Johnny Hallyday ainsi que ses voitures de luxe ou encore une partie des redevances, notamment celles de son album posthume «Mon pays c'est l'amour», sorti en octobre et qui s'est écoulé à plus de 1,2 million d'exemplaires.

La justice américaine préfère attendre la décision française avant de se prononcer.

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