02.10.2020 à 14:11

Cyclisme«Hirschi est passé d’un coup de l’apprenti au champion»

Pascal Richard pose un regard admiratif sur l’éclosion supersonique de Marc Hirschi et de ses contemporains. «J’adore cette nouvelle génération.»

par
Mathieu Aeschmann
Du Tour de France à la Flèche Wallonne, Marc Hirschi est devenu le dynamiteur en chef du peloton.

Du Tour de France à la Flèche Wallonne, Marc Hirschi est devenu le dynamiteur en chef du peloton.

KEYSTONE

Il y a quelque chose qui ressemble à l’état de grâce chez Marc Hirschi depuis le dimanche 30 août et cette demi-roue cédée à Julian Alaphilippe du côté de Nice. «Tout le monde m’a dit: c’est pas possible, c’est trop dommage de finir deuxième comme ça. Moi j’ai pensé au contraire qu’il valait peut-être mieux ne pas gagner tout de suite. Marc Hirschi a appris ce jour-là. Les champions ne se font pas en un jour.»

Pour avoir su gagner longtemps et dans les jours qui comptent, Pascal Richard sait de quoi il parle. Mais si un champion ne se fait pas en un jour, peut-il y prétendre en un mois? La question s’impose après l’enchaînement époustouflant du Bernois: trois podiums sur le Tour, dont une victoire d’étape, le prix de super-combatif, une médaille de bronze aux Mondiaux et cette Flèche Wallonne croquée en patron mercredi 30 septembre. Pile un mois pour mettre le monde à ses pieds à seulement 22 ans.

«Traditionnellement, un coureur cycliste arrive à maturité à 25 ans. Or avec les Hirschi, van Aert, Pogaçar ou van der Poel, on découvre une génération qui est passée d’apprenti à champion d’un coup, comme l’on vient de passer de l’été à l’hiver, constate le champion olympique d’Atlanta. Alors j’entends les doutes habituels qui se propagent à l’échelle internationale ou encore la méfiance des vieux briscards. Et ça me dérange. Certes, l’explosion de cette nouvelle génération m’interpelle. Mais elle me plaît et j’ai envie de lui tirer mon chapeau. Je ne saurais trop expliquer le comment et le pourquoi de cette réussite. Peut-être ces jeunes ont-ils mieux géré le confinement ou alors la jeunesse leur permet-elle de mieux récupérer au cœur de cette saison ramassée. Au final, j’ai l’impression que la crise du Covid a précipité le renouveau du cyclisme. Et j’adore.»

L’aisance du «dynamiteur»

Voilà pour l’analyse générationnelle, place maintenant au «cas Hirschi». «C’est un dynamiteur, un talent. Il y a une aisance dans son coup de pédale, ça tourne, apprécie Pascal Richard. Mais attention, Marc Hirschi ne sort pas de nulle part, il était champion du monde espoirs. Son éclosion est une confirmation.» Dans le milieu, le coureur de la Sunweb avançait donc sur les radars depuis longtemps. Mais pour le grand public, le Bernois incarne cette force de la nature à qui tout réussit d’un coup. L’homme qui, depuis un mois, prend toujours la bonne roue et peut toujours compter sur des bonnes jambes.

«Il a vécu un sursaut de découverte (sic) lors du Tour de France, analyse le double vainqueur du Tour de Romandie. Selon moi, il y a vraiment pris conscience de ses capacités. Or la dimension psychologique permet d’amener le physiologique à franchir des paliers. Et puis d’un coup, on se retrouve devant un coureur qui fait les bons choix, se place juste. Il court de manière très intelligente.»

Une forme d’état de grâce, presque un sentiment d’invincibilité? «Il y a sans doute comme une osmose. Mais ce n’est pas parce qu’on a des bonnes sensations que l’on gagne forcément une course. Et puis l’osmose, il faut savoir la gérer. Jusqu’à présent, Marc Hirschi a eu de la place pour pouvoir manœuvrer. Il jouissait presque d’une liberté totale. Dimanche sur Liège-Bastogne-Liège, cela aura changé: il sera un client.»

Tel est le prix d’un mois de septembre supersonique. Désormais, Marc Hirschi va devoir rouler avec une pancarte. Sera-t-elle assez encombrante pour freiner ses jambes de feu? En 1996, Pascal Richard avait plutôt bien géré la sienne pour s’imposer devant Armstrong et Gianetti au bout d’un dernier kilomètre légendaire.

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6 commentaires
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Etasseur

03.10.2020 à 09:46

Ce garçon a indiscutablement du talent et de l'audace mais à notre époque ce genre de performances ne peut malheureusement que susciter les mêmes interrogations que lors de l'arrivée fracassante d'un certain Froome. N'est pas Merckx qui veut mais j'espère sincèrement me tromper Hirschi amène beaucoup de fraîcheur dans le peloton et le cyclisme a bien besoin de quelqu'un comme lui en ce moment

Guidon loclois

02.10.2020 à 16:20

Sa chance à Marc Hirschy c'est qu'il entré dans cette équipe Sunweb avec carte blanche pour le Tour de France par son directeur sportif au contraire de certains bons coureurs suisses qui sont au service et tenus d'épauler leurs leaders même en cas de défaillance de ces derniers.

vroum vroum

02.10.2020 à 15:34

Rien à dire, le vélo à moteur que lui à refilé Cancellara fonctionne bien. Belle acquisition. Vivement la victoire dimanche.