29.06.2014 à 13:34

Hitzfeld peut devenir le plus grand sélectionneur suisse de l'histoire

Football

La dévotion qu'il suscite dans les trois quarts du pays fait croire que l'impossible sera possible. Oui, Ottmar Hitzfeld peut mener mardi la Suisse en quart de finale de la Coupe du monde!

Keystone

Salué pour son coup de maître de Manaus qui a placé Xherdan Shaqiri pour la première fois dans la peau d'un véritable no 10, Ottmar Hitzfeld a regagné contre le Honduras le crédit qu'il avait pu perdre cinq jours plus tôt lors du naufrage de Salvador devant la France. L'ancien étudiant en mathématiques n'est jamais aussi fort que dans la réaction. Sa faculté de rebondir fut, il est vrai, sa plus grande qualité lors de ses six ans à la tête de l'équipe nationale.

Mardi à Sao Paolo pour son soixante-et-unième match à la tête de la sélection, Ottmar Hitzfeld sait qu'une trente-et-unième victoire fera de lui une véritable icône. Treize ans après son second sacre en Ligue des champions, un succès contre l'Argentine le replacera en pleine lumière. S'il qualifie la Suisse pour les quarts de finale de la Coupe du monde lors de son dernier tour de piste, 31 ans après avoir débuté sa carrière d'entraîneur en LNB avec le SC Zoug, le débat sera clos. Oui, Ottmar Hitzfeld aura été de très loin le plus grand sélectionneur de l'histoire de l'équipe de Suisse.

L'Allemand a donc 90 minutes, 120 peut-être, pour écrire l'histoire. Face à une équipe qui aligne le meilleur joueur de la planète - Lionel Messi -, la Suisse n'a qu'un seul salut: miser sur son tranchant dans le jeu de rupture. L'heure n'est plus aux faux-semblants. Malgré tous les beaux discours sur la "philosophie du jeu", la réalité est simple: cette équipe de Suisse est venue au Brésil avant tout pour "bien défendre".

Ce n'est pas par hasard que Valon Behrami a rappelé samedi que le duo à la récupération qu'il forme avec Gökhan Inler était "l'un des meilleurs d'Europe".

Contre le Honduras, c'est d'ailleurs le Tessinois qui a sonné la charge en volant un ballon pour la première rupture conduite par Drmic. C'est Inler, faut-il le rappeler, qui a amené le 2-0 dans les mêmes circonstances. Sans doute davantage que Drmic et Shaqiri, les deux Napolitains détiennent la clé du match. S'ils sont aussi efficaces face aux Argentins, l'exploit sera effectivement possible.

Il commande également que tous les joueurs dépassent leurs limites. Que Benaglio se surpasse sur sa ligne, que Lichtsteiner se libère enfin, que Schär et Djourou anticipent parfaitement, que Rodriguez n'hésite pas à bousculer le flanc droit des Argentins, que Xhaka empêche Di Maria de prendre de la vitesse, que Mehmedi témoigne du même tranchant que lors de son entrée en jeu contre l'Equateur.

Et il y a enfin Drmic et Shaqiri: le dévoreur d'espace et l'artiste. Agés respectivement de 21 et de 22 ans, le Schwytzois et le Bâlois peuvent basculer mardi dans une autre dimension. S'ils offrent le même récital qu'à Manaus devant Lionel Messi et les potes, c'est le monde qui sera à leurs pieds.

Le 5-2 contre la France incite toutefois à aborder ce huitième de finale avec une certaine retenue. Même si tout est possible en football, cette équipe de Suisse souffre d'un relatif manque de vécu face aux grandes équipes dans les grandes compétitions.

Ses deux derniers affrontements contre des ténors furent contrastés: la victoire 1-0 de Durban face à l'Espagne le 16 juin 2010 et le 5-2 de Salvador contre la France le 20 juin 2014 à Salvador. Comme s'il n'y avait pas de demi-mesure.

(SI)

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