Publié

FootballHitzfeld vers un conservatisme éclairé

Mercredi soir face à la Tunisie (18h15), la Suisse doit entretenir une dynamique positive tout en envisageant des alternatives. Le point sur un grand écart.

par
Mathieu Aeschmann
envoyé spécial à Sousse
Ottmar Hitzfeld veut profiter de ce match pour faire quelques essais, mais sans rien bouleverser.

Ottmar Hitzfeld veut profiter de ce match pour faire quelques essais, mais sans rien bouleverser.

Keystone/Steffen Schmidt

Quelque part entre les vieilles pierres de la Medina et le gigantisme hôtelier de Port El Kantaoui, le Stade olympique de Sousse propose ce soir une équation délicate à l'équipe de Suisse. Imaginer le neuf et chérir le vieux. Envisager un plan B tout en glorifiant les acquis. Paradoxalement, un match amical de novembre est toujours moins compliqué à aborder lorsqu'il suit une déception. Il s'invite alors comme une page blanche et transforme les lourdeurs du calendrier en promesse de renouveau. La Suisse a connu ce sentiment l'année dernière. Mais elle est redevenue depuis une équipe qui gagne. Au point de débarquer en Tunisie dans l'exacte situation inverse.

Première de son groupe qualificatif pour le Brésil avec trois victoires, un nul, sept buts marqués et un seul encaissé, l'équipe nationale sort d'un automne largement maîtrisé. Souvent joueuse, presque toujours solide, elle a même suggéré parfois l'idée d'une gestion. Jusqu'à ce que la rugueuse Norvège ne lui face perdre son calme et invite à mesurer l'enthousiasme. Du coup, une seule question se pose au moment de défier des Aigles de Carthage en pleine reconstruction: ce match doit-il nourrir une dynamique ou servir les expérimentations? «Cette rencontre est importante car elle va donner du temps de jeu à deux ou trois joueurs qui sont importants pour nous, expliquait hier Ottmar Hitzfeld. Mais je ne vais pas faire sept changements car mon équipe doit continuer de s'améliorer. En un an et demi, elle a gagné en stabilité et en constance. Nous devons poursuivre sur cette voie avec une victoire contre la Tunisie.»

Sommer dans les buts

Selon toute vraisemblance, les trois changements promis par le sélectionneur devraient concerner Reto Ziegler, Blerim Dzemaili et Yann Sommer qui se voit offrir une chance de briguer une titularisation à Chypre lorsque Diego Benaglio purgera sa suspension. «Pour l'instant la hiérarchie des gardiens n'a pas bougé, commentait Hitzfeld. Mais Yann Sommer met la pression sur Marco Wölfli et nous ferons le point ce printemps.»

Plus haut dans le terrain, le sélectionneur n'a a priori aucune raison de toucher aux grands vainqueurs de l'automne: la charnière Djourou-von Bergen et un Gökhan Inler enfin rayonnant dans son costume de capitaine. Reste la décisive question de l'animation offensive. Si l'on passe sur le choix des hommes et le rendement suspect de l'énigmatique Eren Derdiyok, Ottmar Hitzfeld songe-t-il à tester un «plan B» pour les soirs de galère?

D'autres options existent

«Nous sommes capables de troquer notre 4-2-3-1 pour un 4-4-2 en cours de match, certifiait-il hier. Même si je trouve que nous maîtrisons maintenant mieux le 4-2-3-1, un système qui permet à nos milieux de terrain de venir percuter dans l'axe et créer un effet de surprise.» Vrai. Mais d'autres options existent. Constamment attiré par le cœur du jeu, Xherdan Shaqiri ne pourrait-il pas faire un essai derrière la pointe? Un 4-3-3 avec Inler devant la défense et le duo Xhaka-Berhami en pistons est-il envisageable? «On a les joueurs pour jouer à trois au milieu mais c'est le coach qui décide, notait Gökhan Inler. Et au final, je préfère retenir que l'équipe a beaucoup mûri. Elle est devenue plus flexible tactiquement tout en conservant le même degré d'implication à chaque match.»

Coquetterie insolente

Gardien des équilibres sur le terrain et de l'unité en dehors, «le Napolitain» a peut-être finalement raison. Notre équipe nationale doit-elle vraiment se chercher des éventuels plans B alors qu'elle possède un plan A séduisant comme rarement? La question déchaînerait les passions sous d'autres latitudes. Elle passe en Suisse pour une coquetterie insolente. La preuve sans doute que notre équipe nationale découvre à peine les problèmes de riches.

Ton opinion