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CentrafriqueHollande dresse un bilan positif de l'intervention

Le président français a dressé lundi un bilan positif de l'intervention en Centrafrique lors d'une cérémonie d'hommage aux deux soldats tués la semaine dernière dans un accrochage à Bangui.

François Hollande: «Quand des crimes contre l'Humanité sont commis, c'est l'honneur de la France, l'honneur de ses soldats, de s'engager pour y mettre fin et ceci sans la moindre hésitation.»

François Hollande: «Quand des crimes contre l'Humanité sont commis, c'est l'honneur de la France, l'honneur de ses soldats, de s'engager pour y mettre fin et ceci sans la moindre hésitation.»

AFP

Le chef de l'Etat français a estimé que l'opération Sangaris, lancée il y a dix jours, avait enrayé les massacres et avait évité un embrasement régional sur fond de tensions entre chrétiens et musulmans dans ce pays. «En cinq jours, ils y sont parvenus au-delà même de ce que nous pouvions espérer», a-t-il dit devant les familles des deux soldats tués.

«Quand des crimes contre l'Humanité sont commis, c'est l'honneur de la France, l'honneur de ses soldats, de s'engager pour y mettre fin et ceci sans la moindre hésitation», a ajouté François Hollande. Il a en outre estimé que l'hostilité de la population locale envers l'intervention française était très minoritaire.

Paris a par ailleurs menacé de sanctions le président de transition Michel Djotodia après le limogeage de trois ministres.

Soutien en baisse

Cette cérémonie aux Invalides intervient au moment où le soutien des Français à l'opération s'amenuise - ils ne sont que 44% à la soutenir selon un sondage Ifop - et que la situation reste très tendue sur le terrain.

L'opération Sangaris a été prévue pour six mois, mais François Hollande a indiqué que les troupes françaises resteraient jusqu'à ce que les troupes africaines mandatées par l'ONU, qui doivent atteindre 6000 hommes, puissent assurer la sécurité.

Les deux soldats sont les premières victimes dans les rangs des militaires français depuis le déploiement de 1600 hommes pour mettre fin aux exactions commises dans ce pays plongé dans le chaos depuis un coup d'Etat au mois de mars.

Menace de sanctions

La France a par ailleurs menacé de sanctions le président de transition de la Centrafrique Michel Djotodia, qui a décidé le limogeage de trois ministres. Paris rappelle que cette décision est en contradiction avec les accords de transition et estime qu'elle risque d'aggraver l'instabilité dans ce pays.

«Il est indispensable que le cadre de la transition, et notamment les prérogatives du Premier ministre, soient respectés», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères lors d'un point de presse.

Armes retrouvées

D'après le porte-parole du gouvernement centrafricain, Guy-Simplice Kodégué, des caisses d'armes de différents calibres et du matériel militaire ont été retrouvés au domicile du ministre de la Sécurité lors d'une perquisition durant la récente flambée de violences dans le pays.

Le ministre des Finances, Christophe Bremaidou, porté aux abonnés absents durant la crise selon Guy-Simplice Kodégué, et le ministre du Développement rural, Joseph Bendounga, jugé trop critique envers le gouvernement, ont aussi été limogés.

Un responsable gouvernemental a cependant déclaré que le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, n'avait pas entériné ces mises à l'écart. Il a qualifié la décision de Michel Djotodia de «nulle et non avenue».

Perte de contrôle

Après le renversement de François Bozizé, Michel Djotodia a progressivement perdu le contrôle des combattants de la Séléka, essentiellement musulmans. Les exactions de ces derniers ont conduit à l'émergence de milices chrétiennes baptisées anti-balaka, «anti-machettes» en langue sango.

Des affrontements ont éclaté entre les deux camps début décembre, faisant plus d'un demi-millier de morts et 189'000 déplacés rien qu'à Bangui. L'ONU a recensé plus de 680'000 déplacés à travers le pays, soit près d'un septième de la population du pays.

Session spéciale

Michel Djotodia a déclaré samedi que des contacts avaient été établis avec des représentants des anti-balaka et que ces échanges allaient se poursuivre. Dans un communiqué, un groupe disant s'appeler la Jeunesse de la révolution anti-balaka a appelé ses partisans à observer immédiatement un cessez-le-feu afin de donner une chance à ces discussions.

Par ailleurs, la République centrafricaine a demandé la tenue d'une session spéciale du Conseil de l'ONU en janvier et le déploiement d'experts indépendants pour faire la lumière sur les violations commises et les responsabilités.

(ats/afp)

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