Guerre en Syrie: Hollande juge indispensable la «neutralisation» d'Assad
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Guerre en SyrieHollande juge indispensable la «neutralisation» d'Assad

Damas a vivement réagi aux propos du président français qui a déclaré que le processus de paix en Syrie passe par la «neutralisation» de son homologue syrien.

François Hollande: «Le règlement de la crise syrienne exige la participation de tous et la France est prête à y prendre sa part.»

François Hollande: «Le règlement de la crise syrienne exige la participation de tous et la France est prête à y prendre sa part.»

AFP

La solution politique à la crise en Syrie passe par «la neutralisation» de Bachar al Assad et l'implication accrue des acteurs clefs de la région, dont la Turquie, dans la lutte contre l'EI, a déclaré ce mardi 25 août François Hollande. Damas a dénoncé une «ingérence flagrante».

«La transition politique en Syrie est une nécessité. Le Conseil de sécurité l'a reconnu en adoptant la semaine dernière une déclaration, la première depuis deux ans. Elle va dans cette direction. C'est un pas important», a dit François Hollande lors d'un discours devant les ambassadeurs français réunis à Paris.

«La Russie s'y est associée, un dialogue peut donc être engagé, encore faut-il en fixer les conditions : la première, c'est la neutralisation de Bachar al Assad», a-t-il souligné. «Nous devons réduire les emprises terroristes sans préserver Assad», a insisté le président français. «Les deux ont partie liée».

La seconde est «d'offrir des garanties solides à toutes les forces de l'opposition modérée, notamment sunnites et kurdes». La troisième, enfin, est de «mêler toutes les parties prenantes à la solution», notamment les pays du Golfe et l'Iran, a ajouté François Hollande.

Rôle ambigu de la Turquie

Au centre des attentions, le rôle joué par Turquie, qui s'est contentée jusqu'à récemment d'assurer le service minimum face aux combattants djihadistes. «La Turquie doit s'impliquer dans la lutte contre Daech et engager ou plutôt reprendre le dialogue avec les Kurdes» du PKK, a souligné le président français.

Pointée du doigt depuis un an pour son rôle ambigu face aux combattants de l'Etat islamique, la Turquie a finalement rejoint en juillet, sous la pression de ses partenaires, la coalition internationale en acceptant d'ouvrir sa base aérienne d'Incirlik.

Mais Ankara est accusé par ses détracteurs de se servir de cette lutte contre l'EI pour bombarder les positions des combattants kurdes, de crainte de voir se constituer une région autonome kurde dans le nord de la Syrie.

Dans une interview à Reuters lundi, le chef de la diplomatie turque a annoncé que les armées turques et américaines allaient lancer prochainement une offensive aérienne pour chasser les djihadistes de l'EI d'un secteur du nord de la Syrie.

Pas d'intervention française en Syrie

A Paris, la ligne officielle reste celle du refus d'intervenir militairement en Syrie, une option qui risquerait selon la France d'apporter un soutien indirect au régime de Bachar al Assad.

La France est en revanche engagée en Irak depuis septembre 2014 dans le cadre de l'opération Chammal qui mobilise quelque 700 militaires. «Nous continuerons à participer à la coalition en Irak, mais en veillant à améliorer son efficacité», a déclaré mardi François Hollande.

Moscou a compris qu'Assad ne gagnera pas

Le récent changement d'attitude au Conseil de sécurité de l'ONU de la Russie, fidèle soutien de Bachar al Assad, pourrait également changer la donne. «Les Russes ont compris que si Bachar al Assad n'avait pas perdu, il ne gagnerait pas», souligne une source diplomatique française.

Quant à l'Iran, la conclusion d'un accord sur le nucléaire en juillet pourrait, espère Paris, ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre l'Occident et Téhéran qui pourrait jouer un rôle déterminant dans la résolution des crises qui secouent la région.

«Je l'avais dit au président Rohani dès son élection: une fois un accord trouvé sur le nucléaire, nous pourrons parler de tout», a dit François Hollande. «Encore faut-il que l'Iran soit prêt à devenir un acteur constructif comme sa place, son histoire et sa culture le justifient. C'est le sens du dialogue que j'ai proposé au président Rohani».

«Ingérence flagrante»

Les propos du président français «constituent une ingérence flagrante dans les affaires intérieures et montrent que la France contribue à verser le sang syrien», a réagi une source officielle au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l'agence syrienne officielle Sana.

«Le gouvernement français doit savoir (..) que tant qu'il maintiendra ces positions, nous n'accepterons aucun rôle de la France dans une solution politique», a-t-on ajouté de même source.

(AFP)

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