Actualisé 02.12.2013 à 10:27

États-UnisHollywood maltraite en toute impunité

Une enquête révèle d’ahurissants cas de maltraitance animale à Hollywood. Qui n’empêchent pas d’obtenir le précieux «Aucun animal n’a été maltraité durant ce tournage».

Quand on n’est pas un humain il ne fait pas bon tourner pour Hollywood. Plus de vingt moutons ou chèvres sont morts pour le «Hobbit» de Peter Jackson. Une girafe est décédée lors du tournage de la comédie «Zookeeper». Quatre chevaux ont dû être euthanasiés pour la série «Luck», un autre lors du tournage du «Cheval de guerre» de Spielberg, et «plusieurs» pour «There Will Be Blood». Ajoutons un requin de 1,50 m – jeté dans une baignoire gonflable! – pour une pub ou un écureuil piétiné. Quant à l’équipe du premier volet de «Pirates des Caraïbes», elle a organisé une explosion sous-marine. Puis vu durant quatre jours des cadavres de poissons et calamars être rejetés sur le rivage. Ces exemples sont tirés d’une vaste enquête publiée par The Hollywood Reporter. Qui dénonce d’innombrables maltraitances animales, affirme que le public est trompé et que ceux qui défendent les animaux lors des tournages ferment souvent les yeux.

Certification remise en cause

En accusation, l’American Humane Association (AHA). Cette association veille au bien-être des animaux sur les films – elle a supervisé plus de 35 000 productions depuis 1980. Elle peut délivrer le célèbre et très recherché: «No animals were harmed». «Aucun animal n’a été maltraité durant ce tournage». Sauf que cette certification ne certifie plus rien, selon le Hollywood Reporter.

Exemples à l’appui, l’AHA est accusée de minimiser les cas de maltraitance, de les dissimuler ou de refuser d’enquêter. De fermer les yeux si le problème n’a pas lieu dans le champ de la caméra. Ou de décerner sans problème sa certification si les animaux n’ont pas été blessés intentionnellement. Et encore de trafiquer de manière «risible» ses chiffres – aucun problème à signaler pour 99,98 animaux contrôlés. «C’est comme si un policier ne se contentait pas d’ignorer un crime mais qu’en plus il le couvrait», a lancé Bob Ferber, ex-procureur général de Los Angeles actif dans la défense des animaux.

L’enquête précise que l’AHA a réellement amélioré la condition animale à Hollywood – près de 100 chevaux étaient morts lors du seul tournage de «Ben-Hur», en 1959… Mais exige des réformes. Mise en cause, l’AHA a reconnu qu’il y a eu «de rares accidents, la plupart sans gravité et involontaires». Et «quelques morts», mais souvent sans lien «avec le traitement réservé aux animaux sur les plateaux». Elle rejette toutefois ces accusations: «L’article dépeint une situation que nous ne pouvons pas reconnaître.»

Partie intégrante du système

D’autres estiment que le problème ne pourra pas être réglé tant que l’AHA sera financée par Hollywood, et donc partie intégrante d’une industrie qu’elle est censée surveiller. «Aussi longtemps qu’une organisation sera sous la pression de réalisateurs tout-puissants, les animaux seront toujours les perdants», a noté l’association de défense des animaux PETA.

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