Commémoration: Hommage aux victimes de la Germanwings
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CommémorationHommage aux victimes de la Germanwings

Lufthansa organise lundi une cérémonie pour les familles des passagers qui ont perdu la vie dans l'Airbus A320 en mars 2015.

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Quelque 350 personnes, proches des victimes du crash d'un avion de la compagnie allemande Germanwings, sont venues samedi se recueillir dans les Alpes françaises. Le drame y avait fait il y a trois ans 150 morts. (Samedi 24 mars 2018)

Quelque 350 personnes, proches des victimes du crash d'un avion de la compagnie allemande Germanwings, sont venues samedi se recueillir dans les Alpes françaises. Le drame y avait fait il y a trois ans 150 morts. (Samedi 24 mars 2018)

AFP
En septembre, une sculpture de Jürgen Batscheider, intitulée «Sonnenkugel» (sphère solaire, en allemand), a été déposée par hélicoptère sur le lieu d'impact. L'oeuvre, de cinq mètres de diamètre, renferme un cylindre et des sphères en bois à l'intérieur desquelles les familles des victimes ont placé leurs souvenirs personnels. (Samedi 24 mars 2018)

En septembre, une sculpture de Jürgen Batscheider, intitulée «Sonnenkugel» (sphère solaire, en allemand), a été déposée par hélicoptère sur le lieu d'impact. L'oeuvre, de cinq mètres de diamètre, renferme un cylindre et des sphères en bois à l'intérieur desquelles les familles des victimes ont placé leurs souvenirs personnels. (Samedi 24 mars 2018)

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Des familles de victimes sud-américaines entament une procédure en justice contre Germanwings. (Dimanche 7 mai 2017)

Des familles de victimes sud-américaines entament une procédure en justice contre Germanwings. (Dimanche 7 mai 2017)

AFP

Un an après le crash d'un A320 de Germanwings, plusieurs centaines de personnes sont attendues à proximité du lieu du drame au Vernet pour un hommage aux 149 victimes. Cet avion avait délibérément été précipité au sol par son co-pilote le 24 mars 2015.

Devant la stèle de pierre érigée peu après le drame, aux abords du village situé au coeur d'un cirque montagneux, les prénoms des 149 victimes seront lus jeudi et une minute de silence sera observée au cours de cette cérémonie. Elle aura lieu à l'heure exacte du crash dans les montagnes alpines, 10h41.

Suivront des allocutions de leurs proches ainsi que des chants et des lectures avant un moment de recueillement et un dépôt de gerbe au cimetière du village. C'est là que les restes humains, non identifiés, ont été inhumés un mois après le drame. D'autres restes, découverts depuis et qui n'avaient pas encore été inhumés, y ont été déposés jeudi 17 mars dans une tombe commune.

Les corps identifiés avaient été rendus aux familles quelques semaines après la catastrophe.

Lieux de mémoire

Organisatrice de la cérémonie d'hommage qui doit se dérouler dans l'intimité, à l'écart des médias, la Lufthansa a privatisé une zone réservée aux familles. Les proches des victimes pourront ensuite se rendre, ainsi que le vendredi 25, près du lieu de la catastrophe à près de 1500 mètres d'altitude, par un sentier de randonnée aménagé.

Le site même du crash a été «sanctuarisé» sur plusieurs hectares. Sur l'autre versant de la montagne, une deuxième stèle, faite de 149 tiges de fer métalliques dressées vers le ciel, a été érigée.

La veille de l'hommage au Vernet, les familles seront réunies à Marseille pour une cérémonie sans prise de parole, également dans l'intimité.

Aucun chef d'Etat n'est attendu pour ces commémorations. Au lendemain du crash, le 25 mars, les chefs d'Etat français, allemand et espagnol, François Hollande, Angela Merkel et Mariano Rajoy, s'étaient recueillis sur les lieux de la catastrophe.

A Barcelone, en Espagne, d'où l'avion avait décollé le 24 mars à 9h30, et Düsseldorf, en Allemagne, où l'appareil se rendait, des plaques commémoratives vont être déposées au moment des cérémonies en France.

Co-pilote en cause

Le crash de l'avion de la Germanwings, une filiale à bas coûts de la compagnie allemande Lufthansa, avait provoqué la mort de 150 personnes, 144 passagers et six membres d'équipage - dont le copilote allemand Andreas Lubitz. Les victimes étaient originaires de 19 pays, l'Allemagne et l'Espagne étant les plus touchés avec respectivement 72 et 50 morts.

L'enquête judiciaire en France, toujours en cours, et celle du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) avaient rapidement conduit à la mise en cause du copilote du vol GWI18G Barcelone-Düsseldorf. Ce dernier, profitant de l'absence momentanée du pilote dans le cockpit avait «intentionnellement réglé les consignes du pilote automatique» pour commander la descente fatale une demi-heure après le décollage.

Enfermé dans la cabine de pilotage dont le système de verrouillage interdisait tout accès de l'extérieur, Lubitz avait refusé d'ouvrir la porte pendant la descente, malgré les demandes répétées de l'équipage, et «les coups frappés à la porte».

Mesures préconisées

Les semaines suivantes, jusqu'à 1696 personnes ont été mobilisées pour retrouver les boîtes noires, les restes humains et les débris de l'avion. Les travaux de dépollution du site ont pris fin sept mois après le crash.

Très rapidement le dossier médical d'Andreas Lubitz a fait apparaître qu'il souffrait d'une grave dépression. Quinze jours avant le crash, un médecin privé avait encore diagnostiqué «une psychose possible» et recommandé un traitement en hôpital psychiatrique. Mais, secret médical oblige, les autorités aériennes n'en avaient pas été informées.

Un an plus tard, dans son rapport définitif publié le 13 mars, le BEA a mis la rupture du secret médical, en cas de troubles psychologiques d'un pilote, en tête de ses recommandations. De son côté, l'Allemagne devrait prochainement renforcer les contrôles médicaux des pilotes.

(ats)

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