Publié

TUTELLE CHINOISEHong Kong démantèle les campements des manifestants

Surgie à l'aube ce vendredi, la police a démantelé un nouveau campement des manifestants prodémocratie.

1 / 64
Chan Kin-man (gauche), 60 ans, professeur de sociologie, et Benny Tai (centre), 54 ans, professeur de droit, ont écopé de 16 mois de prison. (Mercredi 24 avril 2019)

Chan Kin-man (gauche), 60 ans, professeur de sociologie, et Benny Tai (centre), 54 ans, professeur de droit, ont écopé de 16 mois de prison. (Mercredi 24 avril 2019)

AFP
Les leaders de la «révolte des parapluies» jugés coupables: le pasteur baptiste Chu Yiu-ming (à droite), le professeur de droit Benny Tai (à gauche) et  le  professeur de sociologie Chan Kin-man ( au centre), encourent sept ans de prison. (Lundi 9 avril 2019)

Les leaders de la «révolte des parapluies» jugés coupables: le pasteur baptiste Chu Yiu-ming (à droite), le professeur de droit Benny Tai (à gauche) et le professeur de sociologie Chan Kin-man ( au centre), encourent sept ans de prison. (Lundi 9 avril 2019)

AFP
Des figures du mouvement prodémocratie sont jugés pour leur participation à la «révolte des parapluies» de l'automne 2014 qui avait réclamé en vain à Pékin des réformes politiques. (Lundi 9 avril 2019)

Des figures du mouvement prodémocratie sont jugés pour leur participation à la «révolte des parapluies» de l'automne 2014 qui avait réclamé en vain à Pékin des réformes politiques. (Lundi 9 avril 2019)

AFP

La police hongkongaise a surgi à l'aube vendredi 17 octobre pour démanteler un campement des manifestants prodémocratie, moins de 24 heures après que les autorités du territoire eurent proposé aux étudiants d'ouvrir le dialogue pour mettre fin aux manifestations.

Le campement, situé dans le quartier densément peuplé de Mongkok, sur la partie continentale de Hong Kong, était pratiquement vide au moment de l'intervention, et les policiers ont débarrassé le campement de ses tentes et barricades sans rencontrer de résistance.

La police avait prévenu que ce site était le prochain sur la liste, après les démantèlements des barricades situées sur l'île principale, à Admiralty, près du siège du pouvoir, et à Causeway Bay, quartier très commerçant de l'ancienne colonie britannique prisé des Chinois.

La porte des discussion entrouverte

La veille, le chef de l'exécutif local, Leung Cheun-ying, avait entrouvert la porte des discussions une semaine après que son gouvernement eut annulé un premier rendez-vous avec les contestataires.

Ces derniers réclament sa démission et l'instauration d'un véritable suffrage universel dans le territoire autonome, passé dans le giron chinois en 1997 et qui vit sa plus grave crise politique depuis cette date.

«Au cours des derniers jours, et y compris ce matin via des tiers, nous avons fait savoir aux étudiants que nous aimerions entamer un dialogue sur le suffrage universel le plus rapidement possible, et si possible durant la semaine à venir», a dit Leung Cheun-ying à la presse.

Prudence de mise

Le principal syndicat étudiant de Hong Kong a accueilli cette offre avec prudence.

«Attendons de voir comment ils vont convaincre les gens ici», a déclaré Lester Shum, secrétaire général adjoint de la Fédération des étudiants de Hong Kong (HKFS) devant plusieurs milliers de personnes. Reste à déterminer ce sur quoi pourraient déboucher de telles négociations.

La Chine veut garder la main sur le processus électoral

Si la Chine a accepté le principe du suffrage universel pour l'élection du prochain chef de l'exécutif en 2017, elle entend garder la haute main sur le processus électoral et conserver le contrôle des candidatures, à travers un comité avec droit de véto.

Pékin ne va pas changer d'avis, a prévenu «C.Y» comme est surnommé à Hong Kong le chef du gouvernement local. «La politique, c'est l'art du possible et nous devons faire la part des choses entre ce qui est possible et ce qui est impossible», a-t-il dit.

Heurts entre police et manifestants

La nouvelle proposition du pouvoir ponctue plusieurs jours de heurts entre protestataires et policiers munis de matraques et de sprays au poivre.

Les images montrées en boucle par la télévision locale d'un manifestant battu par des policiers en civil ont achevé de scandaliser les manifestants, tout en inquiétant Washington qui a souhaité une «enquête claire et rapide».

La police laisse faire la mafia chinoise

Le mouvement prodémocratie avait déjà accusé les policiers d'avoir fait un usage excessif de la force lorsqu'ils avaient arrosé les protestataires de gaz lacrymogène le 28 septembre. Les policiers sont également accusés d'avoir laisser faire les hommes de main des triades, la mafia chinoise, lorsque ceux-ci s'en étaient pris aux manifestants.

«C.Y» a refusé de commenter la vidéo. «Nous ne devons pas politiser cet incident», s'est-il borné à déclarer.

Hong Kong sérieusement perturbé

Le fonctionnement de Hong Kong, un des centres du capitalisme financier international, est sérieusement perturbé depuis près de trois semaines par ce mouvement massif de protestation, au grand dam des sept millions d'habitants.

Les frondeurs se sont d'abord attirés la sympathie du public, mais les embouteillages, la congestion des transports en commun, la fermeture des écoles et des commerces ont fini par lasser.

Le South China Morning Post, le quotidien de langue anglaise le plus influent à Hong Kong, a appelé jeudi les manifestants à se disperser, jugeant qu'il ne fallait rien attendre de Pékin. «La campagne pourrait finir d'une manière que personne ne souhaite. Il est peut-être temps pour les protestataires d'envisager de battre en retraite et d'adopter une nouvelle stratégie», pointe l'éditorial.

(AFP)

Votre opinion