29.10.2020 à 15:30

Situation financièreVaud ne veut pas de CEP sur l’Hôpital de Rennaz

Le Conseil d’Etat vaudois a indiqué jeudi qu’il ne souhaitait pas d’une Commission d’enquête parlementaire (CEP) . Pour lui, les deux audits publiés en août sont suffisants.

C’est la droite du Parlement qui avait réclamé la création d’une CEP  pour faire la lumière» sur la «situation financière catastrophique» de l’HRC.

C’est la droite du Parlement qui avait réclamé la création d’une CEP pour faire la lumière» sur la «situation financière catastrophique» de l’HRC.

KEYSTONE

Le gouvernement vaudois ne veut pas d’une Commission d’enquête parlementaire (CEP) sur l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC) de Rennaz, a-t-il indiqué jeudi. Le Conseil d’Etat estime que les deux audits publiés en août ont suffisamment permis de faire la lumière sur les difficultés de l’établissement valdo-valaisan.

C’est la droite du Parlement qui avait réclamé la création d’une CEP en mai dernier pour «faire toute la lumière» sur la «situation financière catastrophique» de l’HRC. Cet outil est utilisé lorsque «des événements de grande portée l’exigent», précise la loi. Dans les faits, il est rarement employé, la dernière fois en 2003 lors de l’affaire dite de la débâcle de la Banque cantonale vaudoise (BCV).

Comme le veut la procédure, le Conseil d’Etat disposait d’un délai pour se déterminer formellement sur la création de cette CEP et ainsi faire valoir son droit d’être entendu. Il a annoncé sa décision en transmettant au Grand Conseil son rapport, où il recommande au plénum de rejeter toute CEP. Le Parlement aura le dernier mot en se prononçant prochainement sur ce rapport.

En Valais aussi, la question a été débattue. Les députés ont finalement refusé en juin dernier la mise en place d’une CEP. Ils ont en revanche chargé leur Conseil d’Etat d’étudier l’opportunité de créer une CEP intercantonale.

Réaction immédiate

Dans son communiqué, le gouvernement vaudois rappelle qu’il a agi dès que les difficultés financières de l’HRC ont été connues. D’entente avec son homologue valaisan, il a très vite sollicité deux audits financiers indépendants, l’un auprès du Contrôle cantonal des finances du canton de Vaud (CCF) et de l’Inspection cantonale des finances du canton du Valais (ICF), l’autre, axé sur la gouvernance, auprès d’une fiduciaire.

Ces deux enquêtes avaient confirmé d’importantes lacunes au sein de l’hôpital de Rennaz. Elles critiquaient notamment sa gestion financière et même celle des affaires courantes.

Le Conseil d’Etat vaudois relève aussi que ces audits mettent en évidence «qu’il n’y a eu à aucun moment malversation et encore moins volonté de détourner des deniers publics ou de les utiliser à d’autres fins que celles prévues». Il constate qu’ils ont permis d’identifier un certain nombre de manquements au sein de l’hôpital, «sans pour autant constituer des circonstances exceptionnelles qui justifieraient la mise en place d’une CEP».

Sans attendre les résultats des deux audits, plusieurs mesures ont déjà été prises, tant sous l’angle financier que sous celui de la gouvernance, souligne le Conseil d’Etat. L’HRC a ainsi désigné un nouveau directeur administratif et financier ainsi qu’un directeur général ad interim, à la suite de la démission de l’ancien directeur général.

Mieux associer encore le Parlement

Les deux cantons ont aussi renouvelé leurs représentants au sein du Conseil d’établissement. L’HRC est par ailleurs en train de consolider un plan de retour à l’équilibre, qui lui permettra de stabiliser sa situation financière d’ici quelques années et d’envisager ainsi l’avenir plus calmement, justifie encore le gouvernement vaudois pour rejeter une CEP.

Dans son rapport transmis au Grand Conseil, le Conseil d’Etat propose d’associer le plénum de manière plus étroite sur ce dossier. Il informera à intervalles réguliers, en plus de la commission interparlementaire de contrôle de l’HRC, les commissions de gestion et des finances du Parlement sur l’évolution de la situation de l’hôpital de Rennaz.

Cette information portera sur l’évolution de la situation financière et des coûts de construction, sur la finalisation et la mise en œuvre du plan de retour à l’équilibre, ainsi que sur le suivi des garanties et des engagements de l’HRC, promet le canton.

Inauguré en été 2019, le site à Rennaz a accueilli en novembre passé ses premiers patients. Dès ses débuts, il a fait l’objet de critiques, notamment pour des problèmes d’absentéisme, de démissions en cascade, de temps d’attente aux urgences ou d’annulations d’opérations.

(ATS/NXP)

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16 commentaires
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BUCO

29.10.2020 à 17:27

Cela peut hélas se "comprendre", car bien trop de têtes "dirigeantes" entre petits copains affairistes politico-économico-financiers tomberaient... et ceci très probablement au plus "haut niveau" du Canton; par contre, au grand jamais je ne douterai de la proverbiale honnêteté foncière de Pierre-Yves Maillard

Ohrelio

29.10.2020 à 17:13

Il y a quelque temps, souvenez-vous, je me demandais, dans ces colonnes, quelle "casserole" nous laisserait le Sieur Maillard...

Cdit

29.10.2020 à 16:34

S'il m'arrive un accident , ce sera l'hôpital de Martigny où Sion. En aucun cas à Rennaz.