26.10.2020 à 08:36

SuisseHorlogerie: les magasins l’emportent sur le numérique

Selon une étude, les acheteurs préfèrent toujours se rendre en boutique pour acheter les montres suisses. Ceci en raison du lien émotionnel qui se crée en les manipulant.

Un large majorité (85%) des cadres horlogers interrogés sont pessimistes concernant l'avenir du secteur. (archives)

Un large majorité (85%) des cadres horlogers interrogés sont pessimistes concernant l'avenir du secteur. (archives)

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Malgré la crise pandémique et l’intensification de la numérisation qu’elle a provoquée, les acheteurs de montres suisses continueront de préférer les boutiques physiques aux sites internet, leur expérience en magasin restant «un élément essentiel» à l’achat, selon le cabinet Deloitte.

Plus de 70% des cadres de l’horlogerie helvétique interrogés par le géant du conseil dans le cadre d’une étude sur le secteur affirment que les canaux «hors ligne» domineront à l’avenir. «Pour une industrie qui repose principalement sur le lien émotionnel qui se crée lorsque l’on voit et manipule des montres de luxe, à l’avenir, le défi sera de réussir à combiner le physique et le numérique», détaille Karine Szegedi, responsable mode et luxe chez Deloitte Suisse.

Concrètement, plus de 60% des marques sollicitées donnent la priorité à une stratégie omnicanale, qui mettrait à contribution boutiques physiques, sites internet et réseaux sociaux. Cette stratégie «phygitale» devrait permettre d’accroître la résilience du secteur dans un contexte de récession économique qui affecte gravement le secteur, selon la responsable.

Pessimisme quant à l’avenir

Un large majorité (85%) des cadres horlogers interrogés sont pessimistes concernant l’avenir du secteur. La chute des exportations mondiales se poursuit depuis le début de l’année et l’apparition du Covid-19 en Chine. L’effondrement du tourisme mondial, la baisse de la demande intérieure due au confinement et la tendance généralisée à l’épargne sont autant d’éléments qui empêchent tout optimisme auprès des dirigeants du secteur.

D’autant que l’horlogerie helvétique n’est pas qu’affectée par la pandémie du nouveau coronavirus, elle l’est aussi par une série d’incertitudes géopolitiques.

Le déclin de Hong Kong comme plaque tournante du luxe helvétique en Asie, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, le Brexit ou encore l’élection présidentielle américaine sont autant d’événements qui menacent la reprise des ventes dans un secteur largement dominé par le marché chinois. Les «États-Unis et d’autres pays densément peuplés comme l’Indonésie, l’Inde et le Vietnam» suivent en termes de chiffres d’affaires et connaissent les croissances les plus importantes, précise Deloitte.

(ATS/NXP)

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