10.11.2016 à 18:57

FranceHuit ans de prison pour une épouse meurtrière de son mari violent

Une sexagénaire de Perpignan (F) a été condamnée mercredi à huit ans de prison pour le meurtre en 2014 de son mari violent et alcoolique qui la rouait de coups.

Photo d'illustration

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JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Quinze ans de réclusion criminelle avaient été requis contre Béatrice Marion, 67 ans. L'accusée a toujours reconnu avoir tué son mari d'une balle dans la tête avec le revolver qu'il lui avait acheté.

«Les coups au début, ce n'était pas permanent, je pensais que ça allait changer», avait déclaré lundi la sexagénaire, au premier jour d'audience. «Je ne voulais pas qu'il aille en prison, et puis, il ne m'a jamais cassé un membre, je n'ai jamais été hospitalisée», a ajouté la veuve qui se savait «trompée».

«Et votre poignet brisé?» a demandé le président. «Ça, ce n'était pas grave. Oui, il m'a cassé le cadre photo du mariage de mon fils sur la tête mais il ne m'a pas fendu le crâne. En fait, mon mari était nerveux, impulsif. C'est moi qui l'énervait, je le poussais à bout», a-t-elle répondu.

L'accusée a expliqué avoir été coupée des siens et de tout contact avec leur fils quand son mari «violent» s'était mis «à beaucoup boire». Début 2014, «c'est devenu catastrophique, il mélangeait l'alcool et les médicaments», a poursuivi Mme Marion.

«Quand on rentrait, il buvait et moi je nettoyais les armes», a-t-elle ajouté. «Il y a eu beaucoup de problèmes qui font que l'on est arrivé à cette catastrophe. J'ai fait ce geste que je regrette énormément», a-t-elle avoué.

Les faits ont eu lieu dans le salon du domicile familial, à Perpignan, le 26 avril 2014, jour du 68e anniversaire de la victime.

La veille, l'époux l'avait réveillée au milieu de la nuit en lui assénant quatre coups sur le crâne. La sexagénaire avait alors appelé la police et réclamé l'hospitalisation d'office de son mari. Mais celui-ci ayant refusé, elle était partie à l'hôtel, avant de revenir le lendemain avec une boîte de friandises comme cadeau d'anniversaire. «Il a répété qu'il allait me tuer, me saigner», alors «j'ai levé la main, j'ai tiré», a-t-elle encore dit mardi.

Quand le président l'a interrogée sur ce qu'elle a ressenti, l'accusée a simplement répondu: «J'étais inerte. Complètement vide. J'avais l'impression de rêver, d'être une simple spectatrice. Je n'ai pas perçu la détonation mais j'ai entendu le silence.»

Elle a finalement écopé de huit ans de détention.

(AFP)

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