Euro 2020 - Humeur: on l’oublie mais la Suisse peut toujours être championne
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Euro 2020Humeur: on l’oublie mais la Suisse peut toujours être championne

Malgré ses déboires en série, l’équipe nationale reste maître de son destin. Le scénario du bonheur existe encore. Celui d’une déroute collective injuste aussi, remarquez…

par
Nicolas Jacquier
Malgré la déception qui se lit sur les visages helvétiques après le naufrage romain (0-3 contre l’Italie), la Suisse peut toujours être la bonne surprise de l’Euro et créer la sensation finale. A certaines conditions bien sûr…

Malgré la déception qui se lit sur les visages helvétiques après le naufrage romain (0-3 contre l’Italie), la Suisse peut toujours être la bonne surprise de l’Euro et créer la sensation finale. A certaines conditions bien sûr…

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Franchement, on ne se rend sans doute pas assez compte du bonheur intégral et du privilège de pouvoir accompagner notre équipe nationale, peu importe après tout comment, et même à distance. Suivre le parcours tourmenté de l’équipe de Suisse sur les chemins escarpés de l’Euro peut certes vite tourner au calvaire quand on n’affronte pas le Liechtenstein. Mais on peut aussi le considérer comme une chance que beaucoup doivent nous envier...

Braver les interdits

Car les protégés – encore? – de Vladimir Petkovic n’aiment rien moins que dépasser leurs limites, sauf bien entendu sur le terrain du jeu, là où il ne s’est strictement rien passé jusque-là pour ce qui les concerne. Comme si cet Euro n’était pas fait pour eux – c’est bien cela qui est en train de se produire, non?

Grâce à eux et leur subtile manière de braver les interdits, on a néanmoins appris plein de choses intéressantes, entre rendez-vous manqués, promesses sonnant creuses et galéjades garanties. On a ainsi pu apprendre en quoi consistait réellement le métier de tatoueur et ce qu’il impliquait quand il s’agit de s’occuper de la peau de Granit Xhaka. Un premier point mérité.

Grâce à Steven Zuber, on a aussi eu confirmation qu’il était indiqué d’avaler les consignes pour s’offrir un restaurant avec ses potes avant de boucler ses valises – une manière d’échapper au confinement familial mis en place avec trop d’insistance par les GO helvétiques. Deux points pour ce magnifique contre-pied.

Manque d’engouement

On a aussi pu découvrir les prouesses capillaires de nos chères têtes blondes et en quoi le transfert d’un coiffeur était un élément prioritaire afin de garantir l’équilibre de la vie interne d’un groupe. Déjà trois points, n’en donnez plus.

Parce que cela avait été claironné avant le coup d’envoi et que cela était bien là le minimum exigé, on sait également que l’on a joué à 120% contre l’Italie - imaginez le résultat si les Suisses s’étaient permis de trottiner, chose parfaitement inconcevable, chacun l’aura remarqué. Mine de rien, on arrive à quatre points.

Grâce au choeur de la Squadra Azzurra, reprenant énergiquement l’hymne et les paroles de «Fratelli d’Italia», on a dû s’incliner devant les lacunes persistances de nos internationaux en matière d’art choral – l’apprentissage du cantique suisse ne figure toujours pas parmi les branches obligatoires.

Motus et bouches helvétiques plutôt cousues, donc. Surtout ne pas faire croire qu’on est uni pour mieux tromper l’ennemi. Voilà qui vaut bien un cinquième point.

Tout reste possible

Grâce à Yann Sommer, on sait heureusement qu’il est possible de quitter Rome précipitamment un soir de désolation pour «voler» accueillir sa deuxième fille à Cologne avant de retrouver 36 heures plus tard ses coéquipiers dans la même ville avec la banane. Sacré papa comblé et gardien volant. Plutôt que ce saut de puce aérien pour arriver trop tard au chevet de son épouse (et manquer la naissance de Nayla), n’aurait-il pas tout simplement été plus judicieux de «libérer» Sommer au début du tournoi et de le récupérer pour le troisième match, qui peut déjà être le dernier? Un point de bonus.

Selon la formule consacrée, la mère et l’enfant se portent bien. La Suisse un peu moins… Tant elle agace aujourd’hui prodigieusement autant qu’elle a pu séduire hier, il y a si longtemps.

Mais, délicieux pied de nez à ses détracteurs, elle peut toujours rêver d’un sacre européen au soir du 11 juillet à Londres, un espoir qui n’est plus donné à tout le monde. Y’en a décidément point(s) comme chez nous. Et tout compte fait – déjà six – tant mieux.

Alors la Suisse championne d’Europe… Oui, certainement mais de quoi au fait? Du ridicule ou du ballon rond? Depuis une semaine, ses peu dignes représentants ont semble-t-il déjà tranché. Jusqu’à l’ivresse. Aux Suisses d’abattre leurs derniers atouts, restés si bien cachés dans leur jeu jusque-là. Pour ne pas se retrouver pomme avec le bour dimanche soir.

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