Tennis: Humeur: Roland-Garros a tout compris

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TennisHumeur: Roland-Garros a tout compris

Le Grand Chelem français est le seul à ne pas faire jouer de tie-break dans le 5e set. Et pourvu que ça dure!

par
Jérémy Santallo
Paris
La joie de Benoît Paire après sa victoire mercredi.

La joie de Benoît Paire après sa victoire mercredi.

AFP

Belinda Bencic oblige, on était en tribune de presse du court Philippe-Chatrier mercredi soir pour vous commenter en direct son match du deuxième tour. Mais l'esprit n'y était pas vraiment. Pendant que la Saint-Galloise jouait dans la grisaille parisienne devant un Central clairsemé, voir désertique, il se disputait à une centaine de mètres de là une partie épique comme on en voit rarement. Toutes les deux ou trois minutes, un vacarme pas possible. On ratait clairement un truc.

La rencontre de la Suissesse interrompue par le manque de luminosité, on a descendu les escaliers au pas de course. C'est à ce moment-là qu'on les a tous vu, sortir par dizaines du court Suzanne-Lenglen, les yeux encore émerveillés et le cœur serré par l'immensité du spectacle auquel il venait d'assister. «C'était trop bien», lance un garçon, «quel match!», s'exclame une femme. Au crépuscule de la quatrième journée de sa quinzaine, Roland-Garros a assisté à un nouveau morceau de bravoure historique.

Comme Nicolas Mahut et John Isner à Wimbledon (11h05 de jeu et 70-68 au 5e), Pierre-Hugues Herbert et Benoît Paire sont passés par des émotions incomparables, le second nommé ayant finalement passé l'épaule après 4h33' (11-9 dans la manche décisive) pour empocher le plus beau match du tournoi jusqu'ici. Un match au terme duquel ce sont les joueurs qui ont décidé de l'issue. «C'est pour des émotions comme ça qu'on joue au tennis. Quand on voit le public, ils sont comme des fous», a avoué Benoît Paire.

Le jour même, Guy Forget, le directeur du tournoi, avait donné une longue interview à L'Equipe dans laquelle il défendait son modèle. Aujourd'hui, Roland-Garros reste le seul Grand Chelem à résister à la formule avec tie-break dans le cinquième set, qui vient d'être adoptée par deux autres «Majeurs», l'Open d'Australie et Wimbledon. «Si un Djoko - Nadal arrive à six partout au cinquième à Roland-Garros, j'ai envie d'en voir un peu plus.» A voir les spectateurs en extase sortir du Lenglen, difficile de ne pas aller dans son sens.

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