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ChauffageIci, ça caille le dimanche

À l'église lausannoise de Saint-Paul, les fidèles gardent leur veste en hiver. Mais personne ne sait pourquoi il fait si froid.

par
Benjamin Pillard
Les carences de chauffage ne sont pas sans conséquence sur l'entrain des fidèles à l'heure du culte dominical.

Les carences de chauffage ne sont pas sans conséquence sur l'entrain des fidèles à l'heure du culte dominical.

Christian Bonzon

Écharpes et pulls étaient de mise sur les bancs du temple lausannois de Saint-Paul hier matin. Et pour cause: la température oscille fréquemment entre 10 et 15 degrés l'hiver dans la salle de culte, alors que l'église concernée est pourvue d'un chauffage central. «Je suis bien habillé sous ma robe pastorale et les fidèles gardent bien leur veste», nous confie le pasteur Roger Puati, qui officiait hier. «C'est un peu compliqué, nous ne sommes pas arrivés à résoudre ce problème… Cela avait déjà frappé mon épouse il y a neuf ans, à l'occasion d'une assemblée paroissiale, lorsqu'elle est arrivée d'Afrique.»

A en croire la présidente du Conseil de paroisse, Sophie Reymond, s'il s'agit bien d'un problème récurrent, les carences de chauffage ne sont pas systématiques chaque dimanche. «On ne sait pas comment c'est réglé, mais je ne pense pas qu'il y ait une volonté politique de couper le chauffage. En revanche, il est vrai que l'ambiance est moins hospitalière et les gens chantent moins bien.»

Pas de restriction budgétaire

«Moins de 15 degrés, ça ne donne pas envie de se déplacer pour vivre un culte», déplore Esther Gaillard, présidente du Conseil synodal de l'Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), qui profite de mettre en garde contre les méfaits du froid sur l'orgue de l'enceinte. «C'est incroyable, impossible!» a réagi quant à lui le municipal de la Cohésion sociale, Oscar Tosato, en charge notamment de la gestion des temples (la Ville détient la majorité des édifices protestants). L'édile socialiste dément toute restriction budgétaire au détriment des églises. Tout au plus une mesure de développement durable. «Chauffer les églises n'est pas une mince affaire, on ne peut pas faire ce qu'on veut, poursuit le municipal. Il est possible qu'il y ait des contraintes qui ne nous permettent pas d'y arriver à Saint-Paul.»

Une hypothèse qui fait sourire dans les autres paroisses de la ville. «Si on arrive à chauffer la cathédrale, on devrait pouvoir le faire ailleurs», estime Olivier Klunge, président du Conseil de paroisse voisin de Chailly-la Cathédrale. Selon nos informations, l'édifice néogothique de Saint-Paul serait en tout cas la seule église lausannoise de son époque (début 1900; à l'instar des temples de Chailly ou de Villamont) à pâtir de températures aussi basses l'hiver. «Le Conseil de paroisse devrait nous aviser, afin que nous trouvions une solution avec la Municipalité», lance Esther Gaillard, de l'EERV. La présidente Sophie Reymond, quant à elle, ne cache pas que le froid n'est pas dénué de sens à l'heure des prédications.

10 à 15 °C

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