Football: Ici c’est Berne, avec un «e»
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FootballIci c’est Berne, avec un «e»

Gerardo Seoane a passé la soirée de mercredi à diriger ses Young Boys en français. Étonnant au premier abord.

par
Jérôme Reynard
(Berne)
Gerardo Seoane, le polyglotte.

Gerardo Seoane, le polyglotte.

KEYSTONE

«Bien joué Moumi!» «Vincent, demande le ballon!» «Ali, monte!» «Reste!» «Presse!» «Deuxième poteau!» «Prend la diagonale!» Et on en passe… Face à Klaksvik, au 2e tour de qualification de la Ligue des champions, l’entraîneur lucernois de Young Boys Gerardo Seoane et son gardien bernois David von Ballmoos ont passé la soirée à diriger leur équipe en français. Étonnant au premier abord. D’autant plus dans un Wankdorf habituellement bercé par le suisse allemand.

C’est qu’à huis clos, on entend plutôt bien les protagonistes. Et c’est surtout qu’YB alignait mercredi davantage de francophones que de germanophones. Camara, Lefort, Maceiras, Ngamaleu, Nsame, Sierro. Ici c’est Berne! Avec un «e» bien sûr! Et quand le Valaisan Maceiras a quitté la pelouse, c’est le Genevois Garcia qui l’a remplacé.

«C’est important de savoir parler plusieurs langues, ça permet de toucher un maximum de joueurs avec son message»

Gerardo Seoane, entraîneur de Young Boys

Sur le ton de la boutade, on a proposé à Gerardo Seoane de continuer sur sa lancée de la soirée en répondant aux questions des journalistes en français. L’homme a souri, avant de livrer son commentaire de manager dans une langue de Molière parfaitement maîtrisée. «C’est une partie du job d’entraîneur. C’est important de savoir parler plusieurs langues, ça permet de toucher un maximum de joueurs avec son message.»

Le français, langue officielle du vestiaire de Young Boys? «Quand même pas. L’allemand et le français, a rétorqué le coach de 41 ans. Ce soir, c’était aussi pour aider Quentin (ndlr: Maceiras, débarqué cet été en provenance du FC Sion), qui disputait son premier match avec nous. Mais c’est vrai qu’il y avait pas mal de francophones sur le terrain… En fin de compte, c’est surtout important que tout le monde comprenne. Ici, les joueurs qui ne parlent pas l’allemand prennent des cours. Mais il faut admettre que c’est plus facile d’apprendre le français que l’allemand…»

Six langues à son arc

Gerardo Seoane n’a en tout pas pas de problème avec notre langue. «Six ans de pratique à l’école et une saison à Sion (ndlr: en 97-98, durant sa carrière de joueur), ça aide, a-t-il expliqué. Et puis, j’ai toujours bien apprécié échanger avec les francophones et les anglophones. J’aime les langues.»

Dans son attirail, le Lucernois en maîtrise six: l’allemand, le français, l’anglais, l’espagnol, le portugais et l’italien. Peu de joueurs peuvent prétexter ne pas comprendre ses consignes. Surtout pas les francophones d’YB.

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