Suisse – Ignazio Cassis président: «La pandémie ne nous a pas divisés»
Publié

SuisseIgnazio Cassis président: «La pandémie ne nous a pas divisés»

Comme prévu, le Tessinois a été élu président de la Confédération par 156 voix, le 4e moins bon score depuis 20 ans. Il succède ainsi à Guy Parmelin. Alain Berset devient vice-président.

par
Christine Talos

Le Tessin a de nouveau un président de la Confédération. Ignazio Cassis a en effet été élu mercredi par l’Assemblée fédérale par 156 voix. Le 4e moins bon score de ces 20 dernières années. À noter que le scrutin a recueilli 36 bulletins blancs et 4 nuls. Il y a donc eu un mouvement de mauvaise humeur du Parlement envers le chef des Affaires étrangères de la part d’une partie des parlementaires.

Ignazio Cassis devient donc le premier représentant de son canton à accéder à la présidence depuis la seconde de Flavio Cotti en 1998. Avec ses 156 voix, le PLR fait moins bien que lors de son élection à la vice-présidence l’an dernier où il avait récolté 162 suffrages.

À l’heure de son discours devant l’Assemblée, le Tessinois a remercié d’abord son prédécesseur, le Vaudois Guy Parmelin. «Confronté à une période de grande incertitude, il a su être à l’écoute de tout le pays. Il a fait preuve de calme, de modestie et d’aptitude au compromis», a-t-il loué.

«Nous ne nous laisserons pas diviser»

Ignazio Cassis a ensuite longuement évoqué la pandémie. «Elle a pointé ce qui nous sépare, les malades et les biens-portants, les jeunes et les moins jeunes, les vaccinés et les non-vaccinés, les centralistes et les fédéralistes», a-t-il expliqué. «Mais elle ne nous a pas divisés et nous ne laisserons pas diviser», a-t-il martelé à plusieurs reprises. Elle a montré à quel point la liberté nous importe. La liberté est notre bien le plus précieux», a-t-il souligné.

Représentant de la minorité italophone, il a encore appelé, en ces temps de «vulnérabilité, d'impatience et de polarisation», à la cohésion, «un défi permanent», et a loué la pluralité et la diversité de notre pays, des atouts qui sont aussi une grande richesse et une source d’innovation, a-t-il souligné. «Chaque crise est l’occasion de se mettre en question. D’aller vers l’autre et de trouver ensemble de nouvelles solutions pour l’avenir». Vivre dans une société plurielle est un «acte de volonté de la Suisse», qu'il souhaite vivre aussi l'année prochaine.

Petit score aussi pour Alain Berset

Quant à la vice-présidence, c’est Alain Berset qui a été élu. Le socialiste a récolté 158 voix. Lui aussi fait face à un mouvement d’humeur du Parlement puisqu’il y a 20 bulletins blancs et 13 nuls. Le Fribourgeois sera donc président en 2023, pour la dernière année de cette législature. Il avait déjà accédé à cette fonction en 2018.

La palme à Micheline Calmy-Rey

Parl.ch

La plus mauvaise élection de ces 20 dernières années revient donc toujours à Micheline Calmy-Rey. La socialiste genevoise, qui était à la tête du DFAE elle aussi, n’avait obtenu que 106 voix lors de sa 2e présidence de la Confédération en 2011, du jamais vu depuis 1919. Elle détient aussi la 2e place du podium des pires élections pour sa première présidence, en 2007. Elle n’avait récolté que 147 voix, juste devant l’UDC Ueli Maurer en 2013. Alors à la tête de l’armée, il avait obtenu 148 suffrages pour sa première présidence.

Mais le Zurichois, passé entretemps aux Finances, s’était rattrapé en 2019 avec le meilleur score de ces 20 dernières avec 201 voix. Le meilleur résultat devant celui du Valaisan Pascal Couchepin en 2008 (2e présidence) et le Bernois Johann Schneider-Ammann en 2015. L’an dernier, Guy Parmelin avait obtenu 188 voix.

Votre opinion

40 commentaires