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SuisseIgnazio Cassis n'est pas opposé à la fin de Tarmed

Un conseiller national veut supprimer Tarmed. Sa motion est soutenue par Ignazio Cassis, candidat à la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Les positions d'Ignazio Cassis sont désormais scrutées à la loupe.

Les positions d'Ignazio Cassis sont désormais scrutées à la loupe.

Keystone

Le conseiller national Matthias Jauslin (PLR/AG) a déposé une motion pour supprimer Tarmed, le décompte des prestations médicales ambulatoires. Il estime que les médecins devraient être capables de fixer leur propre tarif pour leurs prestations, tout comme un garagiste ou un entrepreneur.

Son texte a reçu le soutien de Heinz Brand, président de la fédération des caisses-maladie Santésuisse, mais aussi d'Ignazio Cassis, le candidat unique du PLR tessinois au Conseil fédéral, comme le révèle la Neue Zürcher Zeitung dans son édition du 4 août 2017.

Pas de libre-marché mais...

Faut-il en conclure que le président de l'association Curafutura promeut une révolution dans le système tarifaire de la santé en Suisse? «Je n'aurais jamais signé une motion qui impose le libre-marché dans le secteur de la santé», se défend-il mais il soutient un postulat qui exige une réponse du Conseil fédéral.

«Le Conseil fédéral doit montrer comment il compte se débarrasser de la sur-régulation dans la fixation des prix, qui nous dérange en tant que libéraux». Ignazio Cassis estime ainsi que les hôpitaux disposent d'une certaine flexibilité, rappelant que les centres universitaires reçoivent une compensation plus élevée qu'un établissement de campagne pour la même prestation.

Curafutura marche sur des oeufs

Curafutura, l'association fondée par les assureurs CSS, Helsana, Sanitas et CPT et présidée par le candidat tessinois, se montre plus prudente dans son approche. «La concurrence régulée à la Suisse n'est pas un mauvais système», explique le porte-parole Rob Hartman.

Santésuisse se montre nettement plus enthousiaste, évoquant de nouvelles possibilités. «Pour que le libre-marché puisse fonctionner, il faut de la transparence dans la qualité de la médecine», souligne sa porte-parole Sandra Kobelt. Ce n'est qu'ainsi que les patients et les assureurs sauront quels médecins présentent un rapport coûts-efficacité équilibré.

La FMH y voit une bonne idée

Urs Stoffel, membre de la présidence à la Fédération des médecins suisses (FMH), salue également la proposition de Matthias Jauslin. De nombreux médecins, dont des spécialistes, sont opposés aux tarifs fixes à la Tarmed. «Un avocat expérimenté gagne plus qu'un novice mais pour les médecins, cette différence n'existe pas, ce qui dérange beaucoup de mes collègues», explique-t-il.

En outre, des docteurs en soins ambulatoires ne peuvent pas faire de différence de facturation entre un millionnaire et un bénéficiaire de l'aide sociale en raison de la protection des tarifs, ajoute-t-il. Avec la fin de Tarmed, ceci pourrait radicalement changer.

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