Suisse – Ignazio Cassis ne devrait pas «battre» Micheline Calmy-Rey
Actualisé

SuisseIgnazio Cassis ne devrait pas «battre» Micheline Calmy-Rey

Le Tessinois Ignazio Cassis doit succéder à Guy Parmelin à la présidence de la Confédération. Son score devrait être moyen et ne devrait pas faire partie des moins bons résultats de ces vingt dernières années.

par
Christine Talos
Ignazio Cassis avait été élu conseiller fédéral le 1er novembre 2017. Il avait succédé au Neuchâtelois Didier Burkhalter.

Ignazio Cassis avait été élu conseiller fédéral le 1er novembre 2017. Il avait succédé au Neuchâtelois Didier Burkhalter.

LMS

Chaque année en décembre, c’est le même rituel à Berne: l’Assemblée fédérale élit parmi les sept conseillers fédéraux celui ou celle qui accédera à la présidence de la Confédération. Cette année, c’est le PLR Ignazio Cassis qui va succéder à l’UDC vaudois Guy Parmelin. Et l’intérêt de cette élection sera comme d’habitude le score que va réaliser le Tessinois, baromètre de l’humeur du Parlement envers l’élu(e). Un score qui pourrait s’inscrire dans la moyenne inférieure des résultats de ces dernières années.

En effet, l’an dernier, alors que le Vaudois avait obtenu le joli résultat de 188 voix pour son accession à la présidence, Ignazio Cassis n’avait récolté lui que 162 voix pour la vice-présidence. Un résultat très moyen qui correspond au degré d’impopularité sous la Coupole du chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), très décrié à gauche, notamment pour sa gestion de la crise avec l’UE.

Cette impopularité s’observe aussi dans le grand public. En effet, selon une enquête récente de «L’Illustré», le Tessinois arrivait bon dernier du classement des conseillers fédéraux préférés des Suisses. Selon un sondage irrévérencieux de Watson.ch, il arrivait même largement en tête du classement des ministres «oubliés» puisque 42% des sondés affirmaient n’avoir carrément jamais entendu sa voix…

Triste palme pour Micheline Calmy-Rey

Ignazio Cassis, élu en novembre 2017, risque donc de faire un résultat médiocre mercredi, même s’il aura le soutien du PLR et de l’UDC et que la gauche ne devrait pas aller trop contre lui non plus. Il va sans doute faire bien mieux que Micheline Calmy-Rey. C’est en effet à la socialiste genevoise que revient la palme du pire score de ces vingt dernières années. L’ex-cheffe du DFAE n’avait en effet obtenu que 106 voix lors de sa 2e présidence en 2011, du jamais-vu à Berne depuis 1919! Elle avait fait à peine mieux lors de sa première élection en 2007, avec 147 voix, soit le 2e pire résultat depuis 2001. Juste devant l’UDC Ueli Maurer, alors à la tête du Département de la défense, qui avait obtenu, lui, 148 voix pour sa première présidence en 2013.

Mais, avec 201 voix six ans plus tard, le Zurichois, devenu chef des Finances, s’était rattrapé en réalisant le meilleur score de ces vingt dernières années. Il reste à ce jour le président le mieux élu depuis 2001, juste devant le radical valaisan Pascal Couchepin – qui avait obtenu 197 voix pour sa 2e présidence en 2008 – et le PLR bernois Johann Schneider-Ammann (196 voix en 2015). À noter qu’en chiffres absolus, ce sont deux socialistes qui caracolent en tête des meilleures élections à la présidence: soit le Bâlois Hans-Peter Tschudi et le Soleurois Willi Ritschard, chacun élu avec 213 voix en 1970 et 1978.

Alain Berset président en 2023

Quant à la vice-présidence, c’est le socialiste Alain Berset qui devrait être élu ce mercredi. Le Fribourgeois accédera donc une nouvelle fois à la présidence en 2023, année d’élections fédérales. Il avait déjà été à la tête de la Confédération en 2018 et avait obtenu l’excellent score de 190 voix pour son élection. Gageons que le ministre de la Santé, qui clive les opinions avec sa gestion de la crise du Covid, n’obtiendra pas pareil résultat…

Un principe de rotation qui date des années 1890

Selon une règle non écrite, l’élection au Conseil fédéral suit le principe de rotation. Le plus ancien ministre est élu vice-président puis accède l’année suivante à la présidence de la Confédération. Ce principe a été instauré dans les années 1890. Auparavant, l’Assemblée fédérale élisait les conseillers fédéraux les plus influents à la présidence. Et ceux qui étaient peu appréciés des parlementaires devaient parfois se montrer très patients… À l’image du Saint-Gallois Willhelm Matthias Naeff, ministre durant vingt-sept ans, mais élu une seule fois à la présidence en 1853.

À noter que durant les premières décennies qui ont suivi la création de l’État fédéral, il était d’usage que le président de la Confédération soit simultanément à la tête du DFAE, comme ce sera le cas avec Ignazio Cassis. Ces deux fonctions ont été séparées en 1888, puis à nouveau réunies de 1897 à 1920.

Votre opinion

3 commentaires