Berne - Ignazio Cassis: une élection qui s’annonce «honnête»
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BerneIgnazio Cassis: une élection qui s’annonce «honnête»

Tournus oblige, les groupes politiques appellent à voter mercredi pour le peu populaire Ignazio Cassis à la présidence, tandis qu’Alain Berset accédera à la vice-présidence. Les Vert.e.s attendront 2023 pour viser le deuxième siège du PLR.

par
Eric Felley
Comme à chaque session de décembre, les télévisions se déploient pour l’élection du président de la Confédération.

Comme à chaque session de décembre, les télévisions se déploient pour l’élection du président de la Confédération.

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À la veille de l’élection d’Ignazio Cassis à la présidence de la Confédération, le conseiller national Frédéric Borloz (PLR/VD) ne se fait pas de souci sur l’issue du vote: «Ce sera un score honorable, pas le score du siècle, mais honorable, oui». Son collègue Jacques Bourgeois (PLR/FR) acquiesce: «Ce sera un résultat honnête». À Berne, l’élection du Tessinois a pris la forme de pronostics autour de son résultat. Celui-ci s’annonce donc honorable, honnête, dans la moyenne, voire un peu plus bas que la moyenne.

Soutien total du côté de l’UDC

La raison est que, depuis son élection, le Tessinois est le conseiller fédéral qu’on voit le moins. D’une manière générale, il est dernier de tous les sondages de popularité depuis son élection en 2017. Mais Frédéric Borloz le défend: «A sa décharge, les Affaires étrangères sont devenues beaucoup plus complexes que par le passé. C’est un peu injuste de lui reprocher de ne pas faire dans le vedettariat politique dans sa position». Une chose est certaine, du côté de l’UDC personne ne lui fait le moindre reproche. Ignazio Cassis demeure un allié fidèle, qui a contribué à enterrer l’accord-cadre institutionnel avec l’UE.

«Nous ne sommes pas en guerre»

Dans le groupe socialiste, les avis n’ont jamais été très favorables sur l’action du chef des Affaires étrangères, que ce soit à Bruxelles, mais aussi dans le cadre du conflit israélo-palestinien ou sa réticence à signer le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Cependant les élections de demain se jouent en deux temps. Après celle de la présidence, Alain Berset sera proposé à la vice-présidence. Pour cette raison, une bonne majorité du groupe votera pour le Tessinois lors du premier vote. «Nous ne sommes pas en guerre, tout de même», plaisante Pierre-Alain Fridez (PS/JU).

Les Verts et le 2e siège du PLR

Chez Les Vert.e.s, le président Balthasar Glättli (V/ZH) et son groupe ont envisagé plusieurs scénarios: «On a décidé de voter pour Cassis, soupire-t-il. C’est l’ordre normal des choses avec le tournus au Conseil fédéral. Tous les partis recommandent de voter pour lui». Mais le Zurichois a déjà pris rendez-vous avec le PLR lors des élections de l’automne 2023: «Une fois qu’un conseiller fédéral est en place, on doit jouer avec les règles, c’est en amont qu’il faut agir». En fonction d’un affaiblissement du PLR dans deux ans, le président du groupe écologiste revendiquera leur deuxième siège. Selon lui, ce mercredi déjà, cette perspective peut créer «de la concurrence interne au sein du PLR», sous-entendant que certains parlementaires pourraient donner un signal.

«Un naufrage…»

Enfin, dans le groupe du Centre, le chef du DFAE a déçu les partisans de l’ouverture. Pour Sidney Kamerzin (Centre/VS), l’attitude d’Ignazio Cassis dans le dossier européen a laissé des traces: «Dans notre groupe, il essuie des critiques sévères. Certains disent que le dossier européen est un naufrage…» Mercredi toutefois, son élection sera honorable, un peu en dessous de la moyenne, mais probablement pas un naufrage.

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