Suisse-Europe - Ignazio Cassis veut un dialogue pragmatique avec l’UE
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Suisse-EuropeIgnazio Cassis veut un dialogue pragmatique avec l’UE

Le conseiller fédéral a précisé quelles options seraient privilégiées concernant les relations avec l’Union européenne. Il veut suivre la voie du pragmatisme, ce qui exclut, selon lui, l’adhésion.

Ignazio Cassis, conseiller fédéral PLR, veut entretenir les liens avec l’UE et non y adhérer.  

Ignazio Cassis, conseiller fédéral PLR, veut entretenir les liens avec l’UE et non y adhérer.

Chantal Dervey

L’accord-cadre n’était pas la bonne voie, affirme dans une interview accordée à la «SonntagsZeitung» Ignazio Cassis, conseiller fédéral chargé du Département fédéral des affaires étrangères. Mais le Tessinois veut le dialogue avec l’Union européenne. «Nous voulons trouver le chemin de la détente avec un dialogue politique régulier jusqu'à ce que la fumée se soit dissipée et que nous ayons la force de trouver une nouvelle approche pour développer davantage les relations», a indiqué le Tessinois.

Concernant de possibles représailles européennes à la suite de l’abandon de l’accord-cadre, il se veut confiant. «On voit que, au moins dans les pays voisins, de bonnes relations avec la Suisse sont dans l’intérêt de l’Union européenne. Cela me rend relativement optimiste.»

Collaborer avec l’Europe

«Je pense qu'il y a une certaine chance que, dans l’UE, on parvienne également à la conclusion que, par exemple, les accords existants seront de nouveau mis à jour et que nous pourrons poursuivre la collaboration en matière de recherche.»

Des travaux en commun pourraient détendre l’atmosphère. «L’Europe est intéressée à collaborer pour lutter contre la pandémie avec la Suisse, qui se situe au centre de l’Europe.»

Pas d’engouement pour l’adhésion

Il n’exclut pas de relancer un nouvel accord institutionnel. Mais à condition que, cette fois-ci, les exigences soient clarifiées dès le départ. «Sinon, nous risquons un nouvel accord qui n’a de notre côté aucune chance politique.»

L’adhésion à l’UE est-elle une alternative crédible? Non, selon le ministre, le pays est trop divisé sur la question européenne. Cela ne milite pas en faveur d’un rattachement. «Nous n’avons pas d’autre choix que d’avancer sur le chemin en faisant des pas pragmatiques. Selon moi, ce n’est pas un bon choix de parler avec de grandes visions comme l’entrée dans l’UE ou l’Espace économique européen.» Un changement radical de la face du monde – au niveau sécuritaire, par exemple – serait nécessaire pour que la Suisse envisage l’adhésion, estime Ignazio Cassis.

Retour sur la rencontre Biden-Poutine

Ignazio Cassis a également fait le point sur la rencontre Biden-Poutine qui s’est tenue à Genève la semaine passée. «Une telle rencontre est extrêmement importante pour la crédibilité de la Suisse en tant que pays neutre, sûr et stable», a-t-il expliqué. Pour lui, même si rien de véritablement concret n’en est sorti, l’important est que les Etats-Unis et la Russie sont entrés en discussion. Par ailleurs, il explique que le président de la Confédération, Guy Parmelin, a indiqué à Joe Biden qu’il voulait poursuivre les discussions exploratoires sur les relations économiques avec les Etats-Unis. Le président des Etats-Unis est ouvert à ce principe.

(ami)

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