France: Il abat froidement son meilleur ami par jalousie
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FranceIl abat froidement son meilleur ami par jalousie

Un individu a écopé de 22 ans de prison lors de son procès en appel pour le meurtre d'un ami proche en 2013, alors que ce dernier sortait avec son ex-compagne.

Les juges ont relevé les nombreuses incohérences des diverses versions de l'accusé.

Les juges ont relevé les nombreuses incohérences des diverses versions de l'accusé.

Keystone

Un homme de 35 ans a été condamné vendredi à 22 ans de réclusion criminelle en appel, soit la même peine qu'en première instance, pour avoir tué son meilleur ami en 2013 dans le Val-d'Oise, un meurtre qu'il a toujours nié.

«Je me suis enferré dans le mensonge»

Rami E. a été reconnu coupable d'avoir abattu celui qu'il décrivait comme un «frère» de sept balles, dont quatre dans la tête, sur un chemin des bords de l'Oise, à Champigny-sur-Oise (Val d'Oise).

Rami n'aurait pas supporté la liaison entretenue par cet ami, Saïd R., avec son ex compagne également mère de sa fille. Le soir des faits, il avait passé la soirée avec lui et d'autres amis à boire dans divers bars de Saint-Ouen, où vivaient les deux hommes. L'accusé a constamment nié son implication, affirmant dans un premier temps n'avoir jamais quitté Saint-Ouen ce soir-là, sauf pour emmener le fils de son voisin à l'hôpital vers 3h00 du matin, ce qu'ont confirmé les caméras de vidéo surveillance.

Mais les enquêteurs ont fini par découvrir que Rami E. avait en réalité confié son téléphone portable à son voisin pour qu'il borne à Saint-Ouen entre 00h40 et 2h30 du matin, soit l'heure possible du crime.

«Je me suis enferré dans le mensonge depuis le début», a tenté d'expliquer l'accusé qui a nié toute «animosité» à l'égard de Saïd.

Rami a d'abord raconté avoir confié son téléphone à son voisin pour accompagner Saïd acheter 60 kg de cannabis. Une transaction qui aurait mal tourné et lors de laquelle Saïd se serait fait tuer.

Incohérences pointées du doigt

Mais l'accusé a depuis changé de versions à de nombreuses reprises. La plus récente: il est bien resté chez lui la nuit des faits, mais il avait oublié son téléphone chez son voisin et s'en est rendu compte au bout de quelques heures.

«Cinq versions successives et des dizaines de mensonge», a dénombré l'avocat général Didier Peyrat, mais aussi «des pressions diffuses sur les témoins» qui n'ont pas réussi à effacer «un carré de certitude».

La présidente Jeanne Duye a listé les éléments à charge: le mobile de la jalousie, la fabrication d'un alibi et la voiture de la victime retrouvée devant le logement de Rami dès le lendemain.

L'avocat de l'accusé, Me Eric Bourlion, a répliqué en pointant du doigt les incohérences du dossier. La boue prélevée dans ce même véhicule ne correspond pas à celle du chemin de halage où le crime a eu lieu.

Et selon l'avocat, si «on vient de tirer sept fois, il suffit de s'asseoir au volant pour laisser des traces de poudre dans le véhicule. Or il n'y en a pas.» Il a également insisté sur l'ADN masculin inconnu retrouvé sur la victime, qui pourrait ouvrir une piste différente. En vain.

(AFP)

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