Jura - Il abat un vieux cerisier: condamné!
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JuraIl abat un vieux cerisier: condamné!

L’arbre déraciné il y a deux ans à Fahy abritait un couple de chouettes chevêches protégées qui couvait deux œufs.

par
Vincent Donzé
Le cerisier n’a pas été abattu par la tempête.

Le cerisier n’a pas été abattu par la tempête.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Coupable d’avoir abattu un vieux cerisier et délogé un couple de chouettes chevêches à Fahy (JU), un machiniste a été condamné à 20 jours-amendes avec sursis et à 400 francs d’amende, frais judiciaires en sus. «Petit à petit, l’oiseau fait son nid…», réagit un plaignant satisfait de l’issue de la procédure.

«Il est condamné beaucoup moins que nous», relativise un riverain, en évoquant la fuite des chouettes et la destruction des œufs. Ce qui intéresse les plaignants, davantage que l’aspect pénal, c’est l’issue de la plainte administrative.

La plantation d’arbres et la pose de nichoir sont envisagées comme mesure compensatoire, mais selon la surveillante environnementale citée par «Le Quotidien Jurassien», «il faut des dizaines d’années avant de pouvoir retrouver un habitat du type de celui abattu». «Le territoire est perdu et on se console à écouter au loin quelques rares chants de chevêches», dit un voisin.

Le vieil arbre abattu était utilisé par un couple de chevêches qui couvait deux œufs, projetés au sol. Des écoliers observaient les chouettes et collectaient les pelotes de réjection pour les disséquer en classe. En poussant le cerisier avec sa pelle rétro, sur une parcelle qui lui appartient, le patron d’une entreprise de maçonnerie a détruit un habitat de reproduction.

La chouette d’Athéna étant inscrite sur liste rouge et quand une espèce menacée a fait son nid, il est interdit d’y toucher. Devant la juge pénale, l’entrepreneur a prétendu qu’un violent avait abattu le cerisier pendant qu’il s’était déplacé pour remonter une vitre restée ouverte dans sa voiture. Une version balayée: les racines de l’arbre étaient en bon état.

À Fahy, les chouettes chevêches font le bonheur des résidents.

À Fahy, les chouettes chevêches font le bonheur des résidents.

Lematin.ch/Vincent Donzé

À Fahy, l’abattage d’un arbre fruitier est soumis à autorisation. La chouette dispose d’une cellule de protection: le collectif «Chevêche-Ajoie». Elle n’a pas de prédateur, mais quand le cycle des campagnols décline, elle doit sa survie aux insectes. Un vieil arbre, c’est pour elle un garde-manger, un «frigo à ciel ouvert», selon un biologiste. Quand les pics y font des trous, les chouettes s’y logent.

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