Fribourg: Il avait failli tuer un homme, voilà qu'il abat des pigeons
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FribourgIl avait failli tuer un homme, voilà qu'il abat des pigeons

Un chasseur de la Broye qui avait confondu un homme et un sanglier en 2012 a de nouveau été condamné. Il reste fasciné par les armes.

par
Renaud Michiels
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Ce chasseur fribourgeois (photographié en 2016) vient d'être condamné pour violation de la loi sur les armes. Le même avait défrayé la chronique en 2012: pensant tirer sur un sanglier, il avait ouvert le feu sur un sexagénaire.

Ce chasseur fribourgeois (photographié en 2016) vient d'être condamné pour violation de la loi sur les armes. Le même avait défrayé la chronique en 2012: pensant tirer sur un sanglier, il avait ouvert le feu sur un sexagénaire.

Le Matin/Charly Rappo
Le drame s'était déroulé dans ce champ de maïs de Villeneuve (Broye). Après avoir détecté un mouvement, le chasseur avait tiré.

Le drame s'était déroulé dans ce champ de maïs de Villeneuve (Broye). Après avoir détecté un mouvement, le chasseur avait tiré.

Le Matin/Sébastien Féval
Et il avait touché grièvement un sexagénaire qui avait dissimulé quelques plants de cannabis au milieu du champ.

Et il avait touché grièvement un sexagénaire qui avait dissimulé quelques plants de cannabis au milieu du champ.

Le Matin/Sébastien Féval

Un quadragénaire de la Broye est repassé par la case justice. Car «le 25 août dernier, à Fétigny, il a été surpris au moment où, recyclé en braconnier, il abattait un pigeon domestique d’un coup de fusil à air comprimé», révèle «La Liberté». L’homme avait pourtant toutes les raisons de tenter de se faire oublier: il avait failli tuer un homme il y a un peu plus de six ans.

L’histoire, dramatique, avait défrayé la chronique. Elle s’était déroulée en octobre 2012 dans un champ de maïs près de Villeneuve, entre Lucens et Payerne. Avec des camarades, le chasseur fribourgeois avait organisé une battue. Ils voulaient déloger un sanglier de ce champ avec des épis de maïs dépassant les trois mètres de haut.

Entre la vie et la mort

Le chasseur avait perçu un mouvement. Et il avait ouvert le feu sans avoir vraiment distingué sa cible. Mais ce n’était pas un sanglier. C’était un sexagénaire qui avait dissimulé quelques plants de cannabis au milieu du champ. Le malheureux avait été grièvement blessé. Dans la précipitation, le chasseur s’était trompé de munition. Il n’avait pas tiré avec une balle pour sanglier mais avec une cartouche de grenaille. Ce qui a probablement sauvé la vie de sa victime.

Reste que le sexagénaire criblé de plombs avait été entre la vie et la mort. Tous ses organes internes sauf le cœur avaient été touchés. Il avait dû subir seize opérations. «Les médecins ne me donnaient que 1% de chance de m’en sortir», racontera-t-il au tribunal.

En 2016, les juges cantonaux fribourgeois avaient confirmé un premier jugement et infligé un an de prison avec sursis au chasseur. La justice avait estimé sa «faute lourde», le quadragénaire ayant tiré «sans voir sa cible», «sur la seule conviction qu’il s’agissait d’un sanglier».

Un vrai arsenal

Et voilà qu’il se met à abattre des pigeons? Ce n’est probablement pas le pire. Lorsqu’il a été pris sur le fait, les policiers ont retrouvé un couteau interdit dans sa voiture. Ainsi qu’un «revolver chargé de six balles qui auraient dû être conservées séparément», précise «La Liberté».

Ce n’est pas tout. Les agents ont également découvert au domicile du chasseur un arsenal composé d’une dizaine d’armes léguées par son grand-père. Mais ils ont aussi déniché un pistolet sans permis d’acquisition. Et un silencieux, interdit. La justice fribourgeoise l'a condamné pour violation des lois sur les armes et la chasse. Elle lui a infligé 3 mois de jours-amendes à 110 francs le jour avec sursis. Ainsi qu’une amende ferme de 3000 francs.

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