Condamnation: Il avait laissé sa chienne dans sa voiture au soleil
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CondamnationIl avait laissé sa chienne dans sa voiture au soleil

L’avocat genevois et valaisan Grégoire Rey avait écopé d’une amende de 1500 fr. pour avoir «abandonné» sa chienne. Hier, le Tribunal de police a ramené la bûche à 500 fr.

par
Valérie Duby
Hier, l'avocat contestait les faits devant le Tribunal de police de Genève.

Hier, l'avocat contestait les faits devant le Tribunal de police de Genève.

Sebastien Anex

Elle s’appelle «Alti». c’est une loulou de Poméranie de 2,5 kilos. La petite bête ne sait pas que c’est à cause d’elle que son maître se retrouve devant le Tribunal de police de Genève. Son maître? L’avocat genevois et valaisan Grégoire Rey, qui a écopé d’une ordonnance de condamnation pour «maltraitance active envers les animaux de gravité moyenne».

Hier, il contestait les faits devant le Tribunal de police de Genève. Les faits? Le 15 mars dernier, l’homme de loi se rend au Salon de l’automobile, à Genève. Avec «Alti», qu’il emmène partout. Mais les animaux sont évidemment interdits. Du coup, «Alti» est ramenée dans la voiture de l’avocat, une Bentley immatriculée en Valais, stationnée au chemin Édouard-Sarasin. Il est environ 15 h 50. Sur le pare-brise, une amende.

Pour le bien d’«Alti», l’avocat décide pourtant de déplacer sa berline un peu plus loin, dans un endroit plus ombragé. Il sera amendé une nouvelle fois à 16 h 10. À 17 h 55, le téléphone portable de l’avocat résonne. Au bout du fil, une voix lui intime de se rendre immédiatement à son véhicule, sa chienne se trouvant en état de suffocation. S’il ne vient pas, c’est clair, on va lui casser la vitre avant de sa voiture.

Emmené au poste

Il faut moins de cinq minutes à Grégoire Rey pour retrouver son véhicule, dont la vitre a déjà été brisée. Non sans mal. L’homme est emmené au poste de police de la Servette pour y être interrogé. On lui enlève sa ceinture et ses lacets. Il en ressortira à 22 h 40. Avec «Alti». L’animal se porte bien, il n’y a pas eu besoin d’appeler un vétérinaire. «Mais depuis lors, elle a changé de comportement. Dès que le moteur est arrêté, elle me saute dessus», explique l’avocat. L’histoire pourrait s’arrêter là. Sauf que Grégoire Rey est condamné à 1500 fr. d’amende (plus 150 fr. de frais). Il faut ajouter à la facture le montant de la fourrière (2700 fr.), les frais de réparation (dans les 5800) et de location d’une voiture (environ 6000 fr.).

Relevés météo

Hier, devant le tribunal, le propriétaire d’«Alti» – venu sans avocat et sans chien – a demandé son acquittement ainsi que le remboursement des frais. «Un policier ne doit pas hésiter à casser une voiture s’il a un doute. J’aime mieux dix voitures cassées qu’un chien mort. Mais si le policier a tort, la personne lésée doit pouvoir être indemnisée sans avoir à se défendre devant un tribunal», estime l’avocat.

Le gendarme qui a brisé la vitre a expliqué au tribunal, présidé par Boris Lachat, avoir eu peur pour l’animal qui ne bougeait plus dans l’habitacle. «Et vous n’avez pas pensé à me contacter avant de briser la vitre?» lui demande Grégoire Rey. Réponse: «C’était une plaque valaisanne, c’était plus compliqué à trouver le détenteur.» Le policier reconnaît s’être énervé, possédant lui-même des animaux. Il ne peut pas dire, à ce jour, si le chien se trouvait en danger ou pas.

En audience, Grégoire Rey a rappelé que ce jour-là, il faisait 15 degrés à midi. Il a fourni au tribunal des relevés météo ainsi qu’un document émanant de la vétérinaire genevoise qui a mené des campagnes de sensibilisation sur les dangers de laisser un chien dans une voiture quand il fait chaud. Selon elle, «le risque était nul». Après délibération, le tribunal a baissé l’amende de 1500 à 500 fr. «On me condamne pour avoir laissé ma chienne seule dans la voiture pendant une heure et demie», ironise Grégoire Rey, qui est débouté de ses prétentions en indemnisation.

L’affaire n’est de loin pas terminée. L’avocat a indiqué son intention de faire appel. Il a aussi déposé une plainte contre la police.

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