Il avait tué sa colocataire et profané son cadavre
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ZurichIl avait tué sa colocataire et profané son cadavre

Un homme a été condamné par la justice zurichoise à 13,5 ans de prison pour homicide volontaire et atteinte à la paix des morts.

par
J.Z
L’affaire a été jugée par le tribunal de district de Zurich.

L’affaire a été jugée par le tribunal de district de Zurich.

Tamedia/Urs Jaudas

La victime, âgée de 28 ans au moment des faits, avait emménagé chez celui qui lui ôtera la vie en septembre 2016. Pour la sous-location d’une chambre à Zurich, l’homme réclamait à cette informaticienne, une Française d’origine camerounaise, un loyer de 900 francs alors que l’appartement subventionné lui ne lui coûtait pas plus de 1100 francs par mois.

Selon le «Tages-Anzeiger», les disputes étaient monnaie courante entre les deux colocataires. Mais le 20 septembre, l’une d’elles a dégénéré et ils en sont venus aux mains. Au cours de l’incident, l’homme, alors âgé de 32 ans, a tué l’informaticienne, l’étranglant puis profanant son corps inanimé.

«Graves lacunes»

En 2018, le tueur est jugé une première fois par le tribunal de district de Zurich, relate le «Tages-Anzeiger». Mais une expertise lui diagnostique un trouble schizo-affectif et le déclare irresponsable pour les faits d’homicide. Il écope donc d’une peine de 22 mois de prison pour la profanation du corps et une mesure d’internement est ordonnée.

Insatisfait de ce jugement, le condamné fait toutefois recours au Tribunal fédéral. Mal lui en a pris puisque à Lausanne, les juges décèlent de «graves lacunes» dans l’expertise psychiatrique et estiment que celle-ci ne constitue «pas une base juridique suffisante pour évaluer la culpabilité et ordonner une mesure» d’internement. Le jugement est donc annulé et l’affaire est renvoyée à Zurich.

Nouvelle expertise invalide

Une deuxième expertise est donc mandatée, qui donnera cette fois des conclusions toutes autres: l’homme est déclaré responsable de ses actes et peut donc être condamné pour homicide. Le Ministère public requiert alors une peine de 18,5 ans de prison suivie d’une mesure d’internement sur la base de la nouvelle expertise.

Au final, l’homme a écopé mercredi de 13,5 ans de prison pour homicide volontaire et atteinte à la paix des morts. Mais le tribunal de district a toutefois renoncé à l’internement, la deuxième expertise ayant elle aussi été invalidée. Selon le «Tages-Anzeiger, l’expert a en effet eu recours à un psychologue sans justifier en quoi il était compétent, un procédé proscrit par le Tribunal fédéral.

Le jugement peut faire l’objet d’un recours devant la Cour suprême du canton de Zurich.

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