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InsoliteIl décore sa maison avec des missiles

Le Valaisan Jean-Marc Lugon a ramené chez lui hier, à bord d'une camionnette, trois missiles Matra R530 air-air. C'est son cadeau de Noël. Il a pu se l'offrir après huit mois de tractations et à un prix qu'il ne dévoile pas.

par
Raphaël Pomey
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Tolochenaz - Martigny, le 6 decembre 2013. Jean-Marc Lugon, collectionneur, ramene des missiles, achetés au Quatar, chez lui en Valais.

Tolochenaz - Martigny, le 6 decembre 2013. Jean-Marc Lugon, collectionneur, ramene des missiles, achetés au Quatar, chez lui en Valais.

Sébastien Anex
La découverte des missiles dans un entrepôt de Tolochenaz (VD).

La découverte des missiles dans un entrepôt de Tolochenaz (VD).

Sébastien Anex
Un moment de «jouissance».

Un moment de «jouissance».

Sébastien Anex

«Je ne crois pas en Jésus, mais là, je vais quand même lui dire merci!» Jean-Marc Lugon a vécu un moment intense et chargé d'émotion, hier matin. Dans un entrepôt de Tolochenaz (VD), ce passionné d'aéronautique a pris possession de ses «bébés», trois cadeaux colossaux que le Père Noël avait laissés pour lui. Au terme de huit mois de tractations et de paperasseries diverses, il a enfin pu toucher ses trois missiles Matra R530 air-air.

«Sans femme, sans enfants, mais avec des missiles.» C'est avec ce slogan que cet habitant de Martigny est venu chercher ses trois fusées guidées «air-air» en provenance du Qatar. Bien évidemment, les ogives étaient vides et donc sans danger. Leur fonction: enrichir la déco de sa maison, déjà constituée d'une aile de Mirage, d'un cockpit de Crusader, d'un train d'atterrissage et d'un lance-roquettes soviétique. Voici pour les pièces de choix. «C'est un soulagement, un plaisir, une jouissance», soupirait cet auxiliaire de police en découvrant ses nouveaux jouets.

«Ils ont coûté un saladier»

De ces jouets, justement, cet ancien carreleur n'aime guère évoquer le prix. Tout juste apprendra-t-on qu'ils ont coûté un «saladier». Mais si notre homme ne souhaite pas parler gros sous, il se réjouit par contre à l'idée de surprendre le public par la singularité de sa passion. En atteste sa réaction lorsqu'il s'est pris des appels de phare sur l'autoroute, sur le chemin du retour. «Tu as vu? C'était un camion militaire! Lui, il sait ce qu'il y a sur le pont», jubilait-il, au volant de sa camionnette écrasée par son chargement de plus de 700 kilos.

Jean-Marc jure avoir la tête sur les épaules. Née durant l'enfance, sa passion s'est renforcée à l'armée, où il s'occupait des avions au sol. Puis, à la suite d'une déception sentimentale, elle a pris une place toujours plus importante. «A un moment, je me suis dit: je ne dois plus rien à personne, je suis seul, je vais donc me faire plaisir.» Depuis, sa collection de matériel aéronautique a fait le bonheur de nombreux visiteurs, même de ceux qui riaient de sa passion dévorante. «Je ne fais de mal à personne, je suis en règle, et tous ces objets sont sans danger. Je ne collectionnerais pas les fusils, par exemple.»

Après une heure d'un «road trip» surréaliste, les deux premiers missiles sont arrivés à destination en fin de matinée. Des ouvriers du coin ont alors prêté main-forte à Jean-Marc, dans le froid, pour décharger ces pièces monumentales. «C'est quoi cette fois?» a hasardé depuis son balcon, un voisin visiblement habitué et un peu blasé. «Des missiles? Ah bon.»

Le dos en compote, le Valaisan nous confiait ensuite, autour d'une bouteille de petite Arvine: «On vient de me proposer des missiles balistiques thermonucléaires soviétiques.» Mais cette fois, il dira non, car ce qui est russe l'intéresse moins.

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