France - Il dégustait ses victimes «avec de l’ail et du persil»
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FranceIl dégustait ses victimes «avec de l’ail et du persil»

En appel, le tueur présumé Michel Lambin, dit le «Berger de Caussols», est rejugé depuis hier dans les Bouches-du-Rhône.

par
Eric Felley
Michel Lambin

Michel Lambin

Capture d’écran France 3 – Côte d’Azur.

Ce lundi a débuté le procès en appel de Michel Lambin devant les assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. L’homme de 70 ans a fait recours contre une condamnation à perpétuité, pour avoir assassiné un gardien d’école en 2002 à Antibes. Selon les médias français, la victime, âgée de 33 ans à l’époque, avait été abattue dans sa voiture de deux balles en plein visage et laissée pour morte avant une cruelle agonie. Pour les enquêteurs, il s’agissait d’un crime commandité par un ancien braqueur de la Côte d’Azur, qui ne supportait pas de voir cet homme fréquenter son ex-compagne et son fils. Tous les deux ont nié.

Michel Lambin avait déjà été jugé à Nice pour l’assassinat d’un autre braqueur tout juste sorti de prison, dont la voiture et corps avaient été retrouvés sur son terrain en 2005. Il s’agissait de Jean-Yves Guerrée, disparu en 2004, retrouvé enterré l’année suivante sur le plateau de Caussols, sur les hauteurs de Grasse dans les Alpes-Maritimes, mais sans les pieds: «Peut-être pour pas que son fantôme revienne», avait déclaré plus tard son ex-compagne Nicole R., qui partageait avec lui une vie pastorale sur ce plateau pittoresque.

Défendu par Me Vergès et acquitté

Les analyses balistiques avaient montré que les deux hommes avaient été tués par la même arme, retrouvée au domicile de Lambin. Défendu par l’actuel garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, celui qui est surnommé «le berger de Caussols» avait écopé finalement en appel en 2011 d’une peine de 18 ans de prison pour le meurtre de Guerrée. Il s’agissait de sa seule et unique condamnation pour assassinat. Mais il en avait fait d’autres. Pour la police, Michel Lambin est plus largement suspecté d’être un tueur à gages au service du grand banditisme, plutôt qu’un paisible éleveur de chèvres et producteur de bûches. Depuis les années 1980, la police a mené des investigations sur neuf homicides en lien avec lui. Pour l’un d’eux, il a même été défendu par Me Jacques Vergès en 1986, qui avait réussi à le faire acquitter.

La tête «cuite à la cocotte-minute»

Lors de l’audience de 2017, concernant l’assassinat du gardien d’école, l’ex-compagne s’était mise à table, si l’on peut dire, pour décrire une liste de ses crimes. La première victime était celui «un ami à moi», puis le beau-frère de Lambin, Marcel, dont la tête, selon elle, «avait été tranchée avant d’être cuite à la cocotte-minute». C’est là, l’aspect particulier du personnage, son goût pour la chair humaine, notamment avec une persillade: «Je sais que ça va paraître incroyable, avait-elle déclaré à la Cour, mais il bouffait des morceaux de ses victimes avec de l’ail et du persil, et il me disait que cela n’avait rien à voir avec la viande, que c’était d’une délicatesse».

Toutes ces conneries qu’elle raconte…

Michel Lambin

Puis vint le tour d’un «garagiste» qui avait perdu 100 000 francs au poker avec Lambin, puis du «copain du garagiste» tué à Paris en moto, puis encore un «autre copain du garagiste», avant le meurtre de W., un ami de Christian S. et enfin Christian S. lui-même. La police a établi la réalité de tous ses assassinats, mais trop tard. Ils sont tous prescrits.

Lors du procès de 2017, lourdement handicapé par une sciatique paralysante, Michel Lambin avait trouvé la force de balayer ces accusations: «Toutes ces conneries qu’elle raconte, ça a commencé en 1982 quand elle a vu un crâne chez moi à Palaiseau, elle a commencé à dire que c’était une personne que j’avais tuée». Michel Lambin verra si la Cour d’appel d’Aix-en-Provence le croira davantage qu’elle. Sur Facebook, en tout cas, il a un supporter qui a ouvert une page «Justice pour Michel Lambin», qui a bien de la peine cependant à trouver des followers.

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