Suisse-Chine - Il dénonce le «signal dévastateur» du Conseil fédéral
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Suisse-ChineIl dénonce le «signal dévastateur» du Conseil fédéral

Après avoir adhéré à l’ONU à la déclaration pour le respect des droits fondamentaux des Ouïghours au Xinjiang, la Suisse a soudain retiré son soutien. Le conseiller national Nicolas Walder veut des explications.

par
Eric Felley
Pour Nicolas Walder, le revirement du Conseil fédéral est «incompréhensible» au regard des droits humains à défendre et du rôle de la Suisse.

Pour Nicolas Walder, le revirement du Conseil fédéral est «incompréhensible» au regard des droits humains à défendre et du rôle de la Suisse.

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Jeudi dernier, on apprenait que 43 pays avaient signé à l’ONU une déclaration commune visant à garantir le respect par la Chine de l’État de droit à l’égard des Ouïghours au Xinjiang. La Suisse l’avait signée en 2019 et en 2020, mais cette année, elle a retiré son soutien. Interrogé par la RTS sur cette désaffection, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a fait savoir que la Suisse était actuellement un «État hôte d’importants entretiens […] dont la tenue est dans l’intérêt de la communauté internationale». Autrement dit, la Suisse donne dorénavant la priorité à ce rôle, plutôt que de prendre le risque fâcher la Chine avec les droits humains, notamment après avoir accueilli une rencontre avec des hauts fonctionnaires américains et chinois le 6 octobre dernier à Zurich.

«Une grave négligence»

Mais pour le conseiller national Nicolas Walder (Verts/GE): «La Suisse envoie ainsi un signal dévastateur, qui équivaut à une approbation des exactions commises en Chine. Le Conseil fédéral fait preuve de grave négligence en opposant le rôle d’État hôte de la Suisse à son engagement en faveur des droits humains. Ce n’est pas parce qu’on accueille un pays, qu’il obtient l’immunité sur les droits humains».

Le groupe des Vert.e.s va déposer une demande lors de la prochaine séance de la Commission de politique extérieure afin que cette dernière «exprime son étonnement et son incompréhension à l’égard du Conseil fédéral». Pour le Genevois cette question n’est pas marginale: «Nous parlons des droits de l’homme en Chine depuis deux ans en commission de politique extérieure et bientôt nous allons avoir une discussion si nous sommes dans une situation de génocide au Xinjiang».

La Suisse attire l’attention

À l’ONU, la première déclaration de Xinjiang a été signée en 2019 par 23 pays. En 2021, 43 pays l’ont fait, dont les États-Unis, le Canada, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la France, la Suède, le Royaume-Uni ou la Norvège. «En signant à nouveau cette déclaration, conclut Nicolas Walder, la Suisse aurait été en bonne compagnie et ce serait passé inaperçu. En ne le faisant pas, elle attire l’attention». Depuis le lancement de cette opération, deux pays ont renoncé, Haïti et la Suisse.

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