Hockey sur glace: «Il en va de la vie d’un club et de tout ce qui va autour»

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Hockey sur glace«Il en va de la vie d’un club et de tout ce qui va autour»

Stéphanie Mérillat, co-présidente du HC Bienne, tire la sonnette d’alarme suite à la décision du Canton de Berne de revenir à 1000 spectateurs dans les stades et patinoires.

par
Simon Meier
Stéphanie Mérillat, vice-présidente du conseil d’administration du HC Bienne, ne cache pas son inquiétude.

Stéphanie Mérillat, vice-présidente du conseil d’administration du HC Bienne, ne cache pas son inquiétude.

KEYSTONE/Archive

Le HC Bienne reçoit mardi soir son rival cantonal du CP Berne. Normalement, à la veille d’un derby, la Tissot Arena frémit d’une joyeuse excitation. Mais depuis dimanche et la décision du Canton de (re) limiter les grandes manifestations à 1000 spectateurs, c’est plutôt la consternation qui domine. Et l’inquiétude, aussi.

«Beaucoup d’incompréhension»

«Nous avons été surpris par cette décision, dans la mesure où même le Conseil fédéral ne s’est pas montré aussi strict, déplore Stéphanie Mérillat, co-présidente du club seelandais. Nous sommes très frustrés, sur la même ligne de ce qu’a communiqué Berne. On nous a demandé des efforts pour mettre en place un concept de sécurité sanitaire qui a fait ses preuves, et voilà qu’on nous coupe dans notre élan. Il y a beaucoup d’incompréhension. Franchement, on ne sait plus trop comment réagir.»

Pourtant, il faut réagir. Le club, qui a vendu près de 4000 abonnements pour cette saison, soit le nombre de spectateurs initialement autorisés dès le 1er octobre à la Tissot Arena, doit à nouveau faire face à des supporters mécontents. «On est obligé de revenir à un «toi tu viens, toi tu ne viens pas». C’est terrible, pour un club, de ne pas pouvoir offrir une prestation pour laquelle des gens ont payé, soupire Stéphanie Mérillat. Si c’est pour un ou deux matches, cela ira, les gens sont globalement compréhensifs. Mais si ça dure, il faudra bien les rembourser, à un moment où nous n’avons plus de liquidités.»

Bien sûr qu’on a peur pour la suite. Combien de sponsors et donateurs seront-ils contraints à arrêter de nous soutenir?»

Stéphanie Mérillat, vice-présidente du HC Bienne

Pas besoin de faire un dessin: l’étau se resserre. La décision du Canton de Berne, si elle peut apparaître logique au vu de la situation générale, fait peser une lourde menace sur l’avenir à terme. «Bien sûr qu’on a peur pour la suite. Il en va de la vie d’un club et de tout ce qui va autour au niveau social et économique, poursuit Stéphanie Mérillat, qui ne peut mesurer l’ampleur exacte des dégâts. Il y a trop d’incertitudes pour que nous sortions maintenant la règle à calcul. En fonction de ce qui va se passer, je peux vous dire que le déficit pour cette saison se situera entre deux et huit millions de francs.» Sur quel budget? «On prévoyait entre 14-15 millions, contre 17 la saison dernière. Mais là, je ne sais plus.»

La dirigeante du HC Bienne parvient encore à rire de tout cela. Parce qu’il ne faut pas se laisser abattre. Mais à l’autre bout du fil, on sent une appréhension. «Et pour la saison prochaine? Combien de sponsors et de donateurs seront-ils contraints à arrêter de nous soutenir?»

En attendant, il y a un derby bernois, mardi soir à la Tissot Arena. Devant 1000 spectateurs. Le HC Bienne communiquera lundi après-midi quel sera le processus d’attribution des sésames. Il communiquera aussi ce que nous dit Stéphanie Mérillat: «L’humeur n’est pas au beau fixe. Jusqu’à maintenant, on pouvait au moins se consoler en se disant que tous les clubs étaient logés à la même enseigne. Avec cette décision du Canton de Berne, ce n’est même plus le cas.»

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