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Coup de gueuleIl entre en guerre contre les bornes

Le conseiller municipal genevois Jean-Philippe Haas (MCG) déplore les accidents survenus en vieille ville de Genève.

par
Valérie Duby
Jean-Philippe Haas dénonce aussi le système mis en place avec les ayants droit, beaucoup trop restrictif.

Jean-Philippe Haas dénonce aussi le système mis en place avec les ayants droit, beaucoup trop restrictif.

Christian Bonzon

Jean-Philippe Haas n’a pas peur de mots. Pour lui, les bornes limitant l’’accès à la Vieille Ville de Genève (notre édition du 20 juillet dernier) sont responsables de beaucoup trop d’accidents. Conseiller municipal du MCG, le politicien remarquer que seul son parti avait voté, à l’époque, contre l’installation de ces bornes au mois d’août 2016.

LA POLICE GENEVOISE A RECENSÉ PRÉCISÉMENT 18 ACCIDENTS AVEC CES BORNES EN MOINS D’UN AN. QU’EN DITES-VOUS?

Que, selon moi, le chiffre ne correspond sans doute pas à la réalité. On sait très bien que tout le monde ne dépose pas plainte. Il n’y a pas une semaine sans qu’une voiture, un taxi, un vélo et j’en passe ne connaisse un problème avec ces installations.

ALORS QUE FAIRE?

Le MCG est le seul parti qui s’était opposé au projet. Nous avions déjà évalué les problèmes, y compris les difficultés que rencontreraient les commerçants! Par la suite, à partir d’août 2016 lorsque les bornes ont été mises en fonction, j’ai posé pas mal de questions lors des sessions du Conseil municipal, notamment sur les coûts de fonctionnement, les coûts liés aux accidents. Car la Ville de Genève est responsable! On ne m’a jamais répondu. L’une des seules choses que l’on m’ait dites, c’est que les enfants jouaient sur ces bornes et que cela les endommageait. Personnellement, je n’ai jamais vu d’enfants sur ces bornes. Des accidents, oui.

DES EXEMPLES?

Outre les voitures et les taxis, il y a des vélos, un camion de convoyage de détenus et une ambulance qui ont été accidentés sur ces bornes.

VOUS DÉNONCEZ AUSSI LA TROP GRANDE RESTRICTION QUANT AU NOMBRE D’AYANTS DROITS POUR PASSER LE SOIR?

Disons que les habitants de la vieille ville ont accès. Il faut ajouter un certain nombre d’ayants droit, certaines plaques d’immatriculation ayant été enregistrées. Mais quid des voitures de police, des ambulances? Prenez aussi l’exemple d’un handicapé résidant dans le canton de Vaud ou du Valais, peu importe. à partir du moment qu’il n’est pas enregistré à Genève. Certes, des autocollants pour les handicapés ont été ajoutés pour que ces derniers puissent appeler une centrale de nuit. Mais cela ne fonctionne pas.

QUE POUVEZ-VOUS FAIRE?

À la rentrée, je vais reposer des questions en séance du Municipal. Je pense que dans un premier temps, il faut tout simplement abaisser les bornes de 7 h à 20 h. Il faut aussi installer en urgence des miroirs, afin que les automobilistes puissent voir lorsque remontent les bornes. À terme, il faut les supprimer!

OPINION

Il ne voit que les inconvénients!

Le conseiller d’État genevois Mauro Poggia (MCG) emprunte chaque jour la rue Saint-Léger pour se rendre à son dicastère, rue de l’Hôtel-de-Ville.

«Le Matin», qui l’a croisé en chemin, lui a demandé ce qu'il pensait des accidents lisés aux bornes, installées depuis un an pour limiter l’accès en vieille ville. Mauro Poggia se dit inquiet par rapport au coût «à la charge du contribuable» et déplore l’aspect esthétique «douteux» des panneaux de chantier ajoutés à côté des bornes.

Le conseiller d’État constate que «ces installations semblent avoir plus d’inconvénients que d’avantages».

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