JO de Tokyo - «Il est temps de partager ces médailles»
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JO de Tokyo«Il est temps de partager ces médailles»

La plupart des médaillés olympiques suisses ont été bruyamment accueillis lundi après-midi à l’aéroport de Zurich. Après avoir vécu entre eux et loin de tout, ils découvrent les visages émerveillés par leurs succès.

par
Florian Vaney, Zurich

Nikita Ducarroz s’attendait à se retrouver un peu seule à l’aéroport de Zurich. Un jour et demi après avoir décroché le bronze en BMX freestyle, la Genevoise faisait partie de la cohorte de médaillés suisses qui ont voyagé toute la nuit du Japon à la Suisse. Mais avec qui allait-elle pouvoir partager son enthousiasme au moment de poser le pied sur le territoire? Avec tous les curieux qui attendaient bruyamment, impatiemment le convoi, évidemment. Mais surtout, avec son fan-club, qui n’a pas hésité à traverser le pays pour lui faire une surprise appréciée. Sa famille était de la partie, ses amis aussi, et les maillots violets «Team Ducarroz» du plus bel effet se trouvaient parmi les plus nombreux de l’assistance.

Jérémy Desplanches devait lui attendre de rejoindre Genève avant d’avoir droit à sa fête personnalisée, mais le nageur genevois résumait bien ce qui se terrait dans l’esprit de ses cinq partenaires de vol. «Il est temps de partager ces médailles. Ça fait bientôt une semaine que la mienne pend autour de mon cou, c’est le moment d’en faire profiter les autres, plus seulement moi.»

Arrivée à Zurich d’une partie des médaillés et médaillées suisses, lundi après-midi. 

Arrivée à Zurich d’une partie des médaillés et médaillées suisses, lundi après-midi.

Claudio Thoma/freshfocus

Excitation et fatigue

La réalité de ces Jeux sous bulle sanitaire donnait encore un peu plus de relief aux retrouvailles. Les athlètes ont vécu en autarcie, entre eux mais loin de ceux qui les ont vus bondir de sacrifice en sacrifice pour décrocher le Graal olympique. Si bien qu’en plus de l’euphorie apparente des sportifs au moment de passer la porte de l’Arrivée 2, tous semblaient presque surpris d’être accueillis pareillement en héros. «C’est qu’en douze heures, entre l’excitation et la fatigue, on a eu le temps d’imaginer beaucoup de choses», souriait Jérémy Desplanches.

Claudio Thoma/freshfocus

Et comment c’était, un vol entre médaillés olympiques? «Super! On a même pu aller tout devant, proche du pilote. C’était la première fois de ma vie que l’occasion se présentait», appréciait Nikita Ducarroz, dont la demi-journée dans les airs n’a pas été de trop pour réaliser la portée de sa performance. «Pour être honnête, je n’ai revu qu’une seule fois mon run. Je l’avais visualisé des dizaines de fois en préparation avant le concours, mais depuis, tout s’est enchaîné si vite. Il y a eu les appels, les messages. Beaucoup de messages! Je crois que je vais gentiment commencer à réaliser.»

Belinda Bencic, un bonheur immaculé

Le son des cloches qui ont retenti à l’apparition des six visages aura commencé à remettre leurs idées en place. Le retour à la réalité, débuté par un bain de foule et une vague d’interviews, ne manquera pas d’y participer à son tour. Belinda Bencic a semblé particulièrement apprécier l’exercice, elle pour qui se trouver au centre de l’attention n’a pourtant rien d’exceptionnel. Des selfies, une accolade avec Severin Lüthi, des autographes, une signature pour l’imposante bâche à son effigie fabriquée à toute vitesse par le Tennis-club Oberuzwil où elle a tapé ses premières balles, le tout avec un petit mot sympa à chaque fois: ses breloques d’or et d’argent ne pouvaient être mieux honorées. Dans ces deux-là comme dans les dix autres obtenues par la délégation suisse se lit le reflet d’un pays rêveur.

C’est qui?

C’est qui?

Claudio Thoma/freshfocus

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