21.06.2019 à 22:50

France«Il était à côté et me regardait brûler»

Un homme est accusé d'avoir mis le feu à son ex-fiancée puis d'avoir maquillé les faits en accident. Son procès est en cours.

(Image prétexte) «J'étais en feu, je ne voyais que des flammes», a déclaré l'ex-fiancée au procès.

(Image prétexte) «J'étais en feu, je ne voyais que des flammes», a déclaré l'ex-fiancée au procès.

AFP

«Il était à côté et me regardait brûler»: au procès de son ex-fiancé, Emilie a laissé entendre que ce dernier, accusé de l'avoir brûlée vive et d'avoir maquillé son crime en accident de voiture, avait tenté de l'assassiner.

«Je ne voyais que des flammes»

«Je sens une source de chaleur en haut de mon épaule gauche, la chaleur commence à m'envahir, je m'aperçois que mes cheveux sont en feu»: pendant près d'une heure, la jeune femme de 31 ans raconte devant la cour d'assises du Val-d'Oise la scène qui s'est déroulée il y a 12 ans.

Le 9 novembre 2007, peu avant minuit, le véhicule conduit par son compagnon Johann B., un imprimeur aujourd'hui âgé de 34 ans, fait une sortie de route et percute un arbre sur une départementale du Val-d'Oise.

«Ce n'était pas un impact violent (...). Mon premier réflexe a été de sortir, mais la voiture ne s'ouvrait pas».

Après avoir «enfin réussi à ouvrir la portière», elle sent, au moment où elle sort du véhicule, «une source de chaleur».

Visage, cou, dos, bras, jambes... Les flammes dévorent petit à petit son corps. «J'étais en feu, je ne voyais que des flammes», se remémore-t-elle, sans jamais élever la voix. «J'avais envie que cette nuit s'arrête, j'étais en train de vivre un cauchemar. Je l'implorais de m'aider, j'ai cru que j'allais mourir. Il était à côté et me regardait brûler», poursuit-elle.

«Là il m'achève»

«Il a entouré ma tête à l'intérieur du blouson (...)en appuyant sur le visage, c'était tellement violent que je pouvais plus respirer. Je me suis dit, là il m'achève ». La jeune fille est ensuite hospitalisée durant six mois, dont cinq semaines passées dans le coma, et subit de nombreuses greffes.

Émilie, aujourd'hui archiviste dans un ministère, assure que son ex-compagnon venait la voir «tous les jours» à l'hôpital et lui «répétait sa version des faits».

« Il faut que tu dises la même version que moi pour que la voiture brûlée me soit remboursée : il y avait un sanglier, j'ai mis un coup de volant », continue Émilie, qui assure n'avoir «jamais vu d'ombre, encore moins de sanglier».

Si elle a d'abord voulu «refuser de se souvenir», elle a ensuite eu de «forts doutes» sur ce qu'elle croit ne pas avoir été un accident.

«Il était jaloux, me manipulait»

«Quand je dis de forts doutes, c'est des certitudes en fait», précise-t-elle peu après, interrogée par le président.

Durant l'audience, elle a ainsi évoqué les difficultés au sein du couple qu'elle formait avec Johann B. : «il était jaloux, me manipulait, jouait sur mes sentiments, faisait du chantage affectif».

La jeune femme explique qu'elle avait rencontré un autre homme, qu'elle était censée retrouver le soir du drame.

«Avant de m'emmener à la soirée, Johann m'a dit je sais que tu vas me tromper ». Vendredi, Johann B., qui a souhaité réagir aux déclarations d'Émilie, s'est finalement contenté de lâcher «être complètement perdu» après les propos de son ex-compagne. Le procès doit durer jusqu'au 28 juin.

(AFP)

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