03.08.2020 à 13:19

HumeurIl faut mettre l’OFSP en zone rouge

Pour miner la confiance de la population, rien de tel que se tromper aussi lourdement dans les chiffres sur l’épidémie de coronavirus.

par
Eric Felley
Si l’erreur est humaine, elle tombe plutôt mal quand elle concerne les chiffres de l’épidémie du coronavirus.

Si l’erreur est humaine, elle tombe plutôt mal quand elle concerne les chiffres de l’épidémie du coronavirus.

iStock

Déjà que la situation n’est pas simple sur le front du coronavirus, la bourde des chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) tombe au plus mauvais moment. Vendredi, l’OFSP annonçait que, depuis le 16 juillet, le principal lieu de contamination du coronavirus était les boîtes de nuit ou discothèques, qui comptaient 42% des cas. Dimanche, l’office a dû corriger. À peine 2% des cas concernent ces lieux nocturnes. Le principal lieu de contamination étant la famille (27%) et le bureau (9%).

Ce genre de gaffe, incompréhensible à ce niveau, donne du grain à moudre à tous ceux qui estiment que cette épidémie est gérée à la petite semaine, qu’on nous ment depuis le début, comme avec les masques, ou qu’on vit dans une «dictature sanitaire». Comme en Allemagne, on sent grandir l’exaspération, qui pourrait faire descendre les gens dans la rue pour décréter que l’épidémie est terminée.

Pendant ce temps, beaucoup de politiciens cantonaux se donnent de la peine pour que l’on prenne la situation au sérieux et doivent lutter contre l’indiscipline latente dans la population. Quand l’OFSP doit opérer une telle correction sur ses chiffres, cela mine la confiance et le travail de tous les acteurs du terrain. Chacun peut se demander combien d’autres fois, peut-être, les chiffres étaient faux.

Catégories pertinentes?

Bien entendu, l’erreur est humaine et elle est corrigée. Mais le problème est que les vrais chiffres ne valent guère mieux… Plus de la moitié des infections sont sans information. Dans le document publié dimanche par l’OFSP, leurs origines sont indiquées comme «autres» ou «inconnues» ou «manquantes». Soit il y a un réel souci de traçabilité à la base, soit il y a des difficultés pour faire remonter les informations précises à l’OFSP et permettre une vue d’ensemble. Peut-être aussi que les catégories choisies ne sont pas pertinentes, étant donné qu’on peut attraper le coronavirus dans une boîte de nuit, revenir au bureau ou dans sa famille, et contaminer ses collègues ou ses proches.

Clin d’œil à la Belgique

Enfin, ce sont les Belges qui doivent sourire. Ce week-end, les autorités valaisannes et vaudoises ont sonné la charge contre Bruxelles, qui a placé les cantons de l’arc lémanique dans la «zone rouge» de l’épidémie, où il ne faut pas se rendre. Les conseillers d’État Christophe Darbellay et Philippe Leuba ont contesté les calculs de la Belgique. Aujourd’hui, c’est la fiabilité des statistiques helvétiques qui est en cause. Par précaution, la Belgique pourrait étendre sa zone rouge autour de l’Administration fédérale à Berne…

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111 commentaires
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Spoder20

04.08.2020 à 16:54

Je ne partage pas l' avis de l'auteur et suis remonté contre les politiciens surfant sur le mécontentement créé par ce genre d'article à la recherche de visibilité. L'OFSP à fait un excellent job d'information pendant toute la période de crise en mettant à disposition des données toujours plus précises. Il en va de même pour L'OFS qui a produit les graphiques. Il y a peu de pays qui ont eu cette transparence. Après, il est malheureux que cette erreur sur la mise en cause des locaux nocturnes se soit produite. À noter également et peut être pas sans effet, le double changement de responsable de la cellule covid.

Robinson Wesson

04.08.2020 à 10:32

Pourquoi le Matin.ch ferme-t-il les commentaires à peine les avoir ouverts? Deux sujets importants Tik Tok, déjà fermé et le «roi» inculpé, avec commentaires non ouverts.

Vincent Vermeille

04.08.2020 à 09:30

Mensonges depuis le départ, les chiffres réelles le prouve. Malheureusement cela ne va rien changer . Du blabla politico-politique assaisonné à la langue de bois Pour du vrai changement il faudra de manière physique , expulser TOUTES ces personnes, fonctionnaires et élues qui sont corrompues et en confit d'intérêts de leurs bureaux. Les mettre en quarantaine jusqu’à leur procès. Et à l'avenir interdire TOUS les lobbies économique de quels bords que ce soient, à tous les niveaux des administrations Suisse: Fédérales, Cantonales, Communales. Pour faire réfléchir les gens et notamment nos élus, quand ils doivent prendre de décisions pour la santé publique; il faudrait changer le nom : OFSP en OFSPJV OFFICE FÉDÉRAL DE LA SANTÉ PUBLIQUE ET DE LA JOIE DE VIVRE.