15.09.2020 à 18:41

Pantanal brésilien«Il faut qu’il pleuve»

Le Pantanal, plus grande zone humide tropicale de la planète, est ravagé par les flammes en raison de la sécheresse.

Depuis le début de l’année, 23’500 km2 sont déjà partis en fumée, soit près de 12% du Pantanal brésilien, sanctuaire de biodiversité qui s’étend aussi au Paraguay et en Bolivie.

«Il faut qu’il pleuve», soupire le lieutenant des pompiers, en voyant son équipe, munie de lances à incendie, impuissante face aux flammes qui ravagent le Pantanal brésilien, sanctuaire de biodiversité en péril.

À la moindre rafale de vent, le feu repart de plus belle.

Plusieurs couches de feuilles sèches hautement combustibles jonchent le sol, masquant des foyers souterrains, près de Porto Jofre, dans l’Etat du Mato Grosso (centre-ouest).

Pire sécheresse

«Il fait si chaud et l’humidité est si faible que seule la pluie peut vraiment» empêcher la propagation des incendies, déplore le lieutenant Silva, tout en observant de nouvelles flammes s’élever sur le terrain d’une ferme-auberge.

Le Pantanal, plus grande zone humide tropicale de la planète, est plongé dans sa pire sécheresse depuis plus de 47 ans, avec des précipitations deux fois moins importantes que prévues de janvier à mai, et les spécialistes ne prévoient pas de fortes pluies avant octobre.

Les pompiers n’arrivent à pénétrer qu’à une soixantaine de mètres à travers la végétation dense et carbonisée. Reliés au camion, les tuyaux n’arrivent pas aussi loin.

Une alternative à la lance à incendie: le souffleur de feuilles, manié par un des pompiers pour les disperser et éteindre certaines braises momentanément.

Cadavres d’animaux calcinés

Mais au bout d’un moment, le lieutenant Silva change de stratégie: au lieu de viser directement les flammes, il décide de créer un «couloir froid» en aspergeant la végétation le long de la route, pour éviter que le feu ne se propage sur une zone voisine intacte où vivent des jaguars.

Les pompiers sont aidés par des habitants de ce haut lieu de l’écotourisme, où des visiteurs du monde entier peuvent admirer habituellement caïmans, loutres géantes et toutes sortes d’oiseaux et de primates.

Le paradis verdoyant a laissé place au spectacle désolant de cadavres d’animaux calcinés, sur fond de végétation noircie et encore fumante.. Ici l’on peut observer le cadavre d’un alligator.

Le paradis verdoyant a laissé place au spectacle désolant de cadavres d’animaux calcinés, sur fond de végétation noircie et encore fumante.. Ici l’on peut observer le cadavre d’un alligator.

AFP

Mais, actuellement, ce paradis verdoyant a laissé place au spectacle désolant de cadavres d’animaux calcinés, sur fond de végétation noircie et encore fumante.

Antonio Da Silva, 60 ans, employé d’une ferme-auberge des environs, est un de ces pompiers volontaires.

Coiffé d’un chapeau de cowboy et protégé d’un masque chirurgical du type de ceux utilisés pour la prévention contre le Covid-19, il tente d’empêcher les flammes d’atteindre un pont en bois sur la Transpantaneira, route de terre battue qui traverse la région.

«Je suis d’ici, je suis un homme du Pantanal et je n’ai jamais vu une chose pareille», souffle-t-il.

(AFP/NXP)

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