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Ski alpinIl lance une pétition pour sauver le combiné

Alors que la discipline se meurt et que Kitzbühel vient de renoncer à cette épreuve historique, un homme adresse un cri du cœur à la FIS. Les adeptes se mobilisent.

par
Stéphane Combe
Et voici la pétition pour sauver le combiné

Et voici la pétition pour sauver le combiné

Le désarroi de Kjetil Jansrud, paru dans nos colonnes, n’est pas resté lettre morte. «C’est une honte de voir le combiné alpin disparaître ainsi. Le fait d’en organiser deux par saison l’a tué à petit feu», expliquait le solide Norvégien le 12 janvier dernier.

Cette phrase a fortement marqué Pierre Couturier, passionné de ski établi à Madrid. Ce Lyonnais s’est lancé dans une sorte de geste désespéré. «J’ai appris par l’article du «Matin» que le combiné allait disparaître. On oublie un peu vite que c’est la discipline qui consacre les skieurs les plus complets, loin d’être des seconds couteaux.» Alors il a pris sa plume, sur la plate-forme Change.org, pour rédiger un éloge à la tradition, sobrement intitulé «pour maintenir le combiné alpin dans la Coupe du monde FIS».

Ce Français de 52 ans a longuement arpenté les sommets savoyards et du Dauphiné. À l’époque, il vibrait pour des Kjetil Andre Aamodt et Lasse Kjus, deux cracks norvégiens de la discipline. «Et la génération d’avant également, je pense à Girardelli ou Zurbriggen.»

À l’époque, ces skieurs se mêlaient à la lutte tant en descente qu’en slalom. Autant dire que l’addition des chronos leur faisait marquer de sacrés points. Pour Pierre Couturier, c’était bien mérité. «Si le combiné alpin disparaît, le ski va purement et simplement se scinder en deux. On aura les spécialistes de vitesse et ceux de technique, sans aucun mélange. On perdrait les plus polyvalents, à la fois créatifs et besogneux.»

Côté suisse, le point de vue est connu et partagé à l’envi. Justin Murisier: «J’aime cette discipline, mais n’en disputer que deux sur l’hiver est ridicule», alors que Luca Aerni et Wendy Holdener en sont tout simplement les champions du monde en titre. Pierre Couturier, qui suit la Coupe du monde par le biais d’Eurosport («même en Espagne, il y a un petit groupe d’accros»), pense-t-il que son message sera entendu par la FIS?

Pour faire réfléchir

«J’aimerais au moins les faire réfléchir, alors que la suppression se profile sans vraiment de consultation. Je vise 500 signataires pour chacun des huit principaux pays concernés par le ski alpin. Et surtout: que la FIS consulte les skieurs eux-mêmes, comme c’est le cas en tennis par exemple! Le marketing, d’accord, mais quid du caractère historique du ski alpin?»

Dans son discours, le Français dresse une savoureuse métaphore pour appeler à la rescousse. «La FIS devrait investir dans le combiné pour le défendre, comme un jeune homme défendrait une vieille dame attaquée par des voleurs, et non l’achever!» Et quand on lui fait remarquer que la mode est au ski «en ville», sa réponse fuse. «Je n’ai rien contre les city events, mais le ski appartient à la montagne. Comme décor, je préfère voir la Jungfrau que des buildings. Les slaloms parallèles ont le même sens que de faire courir des sprinters sur 30 mètres.»

En quelques heures, les soutiens se sont multipliés. Les derniers puristes tiennent à leur belle, même décatie.

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