Actualisé 13.10.2020 à 20:18

GrèceIl l’avait écrasée 2 fois, enlevée puis violée

Un jeune agriculteur grec, accusé du viol et du meurtre d’une scientifique américaine en Crète, a été condamné mardi à la réclusion à perpétuité.

L’accusé a rencontré la biologiste sur une route rurale alors que celle-ci faisait un jogging.

L’accusé a rencontré la biologiste sur une route rurale alors que celle-ci faisait un jogging.

DR/Twitter

Un jeune agriculteur «possédé par le démon» et adepte de magie noire a été condamné mardi à la réclusion à perpétuité en Crète pour le viol et le meurtre d’une biologiste américaine l’an dernier sur l’île grecque.

La Cour pénale de Réthymnon en Crète a condamné à perpétuité Yiannis Paraskakis, un Crétois de 28 ans, pour le meurtre de Suzanne Eaton, et à 13 ans d’emprisonnement pour son viol. L’avocat de la défense a cependant annoncé son intention de faire appel du verdict.

Le corps de Suzanne Eaton, une biologiste de 59 ans de l’Institut Max Planck à l’université allemande de Dresde, a été découvert le 8 juillet 2019, six jours après sa disparition, par des spéléologues dans un bunker abandonné de la Seconde guerre mondiale, non loin de la Canée, en Crète.

Il a demandé pardon

A l’audience, Yiannis Paraskakis, apparu la tête à moitié rasée et vêtu d’un gilet pare-balles, a nié avoir violé Suzanne Eaton. «Je n’ai pas eu de relations sexuelles avec elle», a-t-il affirmé, prétendant avoir subi des «pressions» pour avouer le viol.

Il a demandé pardon à la famille de la défunte et assuré que sa mort était «un accident». «J’avançais avec ma voiture, je n’ai pas eu le temps de freiner, elle était en plein milieu. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait», a-t-il assuré devant les juges.

«J’ai eu peur de le dire à mes parents, à la police, je ne réfléchissais pas bien à ce moment-là», a ajouté l’agriculteur, qui s’est dit «adepte de magie» noire. Mais le procureur a réfuté son argumentaire, en estimant qu’«il avait pleinement conscience de ses actes», et que la mort avait été provoquée par «asphyxie».

L’un des policiers qui l’avait interrogé à son arrestation, a rapporté que ce père de deux enfants et fils d’un prêtre orthodoxe, lui avait dit, après six heures d’interrogatoire, «avoir été possédé par le démon qui lui donnait des ordres».

Yiannis Paraskakis a «de fréquentes hallucinations auditives, a du mal à se concentrer et ment constamment», a précisé Anna Eleftheriou, la psychologue qui l’a suivi en détention.

«Biologiste de renommée»

En juillet 2019, Suzanne Eaton se trouvait à la Canée pour une conférence scientifique, et était partie sans son téléphone portable faire un jogging le jour présumé du meurtre, selon la police. Sa disparition a été signalée par des amis qui l’avaient vue pour la dernière fois le 2 juillet.

La scientifique américaine, «biologiste de renommée mondiale» aurait été un atout dans la lutte contre la pandémie de coronavirus, a déclaré avant l’audience une avocate de la partie civile, Vasso Pantazi.

«En termes de contagion du virus et de (recherche) de vaccin, on peut comprendre combien elle aurait pu être utile aujourd’hui», a-t-elle ajouté, réclamant une «décision juste pour apaiser la famille de la défunte».

La sœur de la victime, Julie Eaton Broaddus, a confié aux journalistes combien la mort de Suzanne avait été «horrible, tragique». «C’était très très dur de venir ici. Mais j’avais le sentiment que je devais être ici pour montrer à quel point c’était une femme exceptionnelle et accomplie».

Assurant ne pas pouvoir rester dans la même pièce que le suspect, elle est sortie émue de la salle d’audience, en demandant aussi «une décision juste».

Le corps dans un bunker

Selon les enquêteurs, l’accusé a rencontré la victime sur une route rurale et a roulé sur elle par deux fois avec sa voiture, avant de l’enlever et de la transporter dans le coffre de son véhicule jusqu’à un bunker isolé, où il l’a agressée sexuellement.

Il l’a ensuite jetée par un trou de ventilation du plafond du bunker. Ce vestige peu connu de l’occupation, proche du village de Xamoudochori, était utilisé par l’armée allemande pendant le second conflit mondial.

La victime était mariée au scientifique britannique Anthony Hyman, dont elle avait deux fils. Son mari, qui souffre de syndrome post-traumatique, selon sa belle-sœur, et ses enfants, actuellement aux Etats-Unis, n’ont pas pu faire le déplacement.

(AFP/NXP)

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