Valais: Il lutte pour la survie du bon pain

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ValaisIl lutte pour la survie du bon pain

Le député Bernard Pignat en a marre des produits sans saveur. Il lance un cri d'alarme pour sauver les boulangeries artisanales, victimes d'une concurrence galopante.

par
Michel Pralong
Pour Bertrand Pignat, les boulangers doivent faire preuve de créativité et de souplesse.

Pour Bertrand Pignat, les boulangers doivent faire preuve de créativité et de souplesse.

Maxime Schmid

S'il n'est pas tombé dans le pétrin quand il était petit, le pain, Bernard Pignat, ça le connaît. Le député PLR au Grand Conseil valaisan a été boulanger-pâtissier durant plus de vingt-cinq ans. Et, s'il a dû quitter le métier pour des raisons de santé, celui qui est aujourd'hui cadre supérieur dans un groupe d'assurances reste très attaché à cette profession.

D'où son inquiétude face à la disparition progressive du bon pain au profit de produits industriels. «Dans les districts de Monthey ou de Saint-Maurice, il n'existe presque plus de boulangeries artisanales, se désole cet habitant de Vouvry. Un constat que l'on peut étendre à d'autres régions de Suisse romande.»

Il a donc lancé un appel sur Facebook, à la radio et dans la presse valaisanne pour mieux protéger la profession. «Afin d'éviter ceux qui se contentent de cuire du pain et des produits faits ailleurs, parfois dans les pays de l'Est.» Du protectionnisme, pour un PLR? «La concurrence est saine, mais, face à celle des shops et des grandes surfaces, les artisans doivent trouver comment faire la différence et il faut les aider.»

Bernard Pignat regrette notamment que, pour ouvrir une boulangerie, aucune connaissance du métier ne soit exigée. «Il s'agirait d'être plus sévère afin de favoriser les vrais artisans et non des repreneurs éphémères.»

Un autre frein pour la profession: les restrictions concernant les horaires d'ouverture. «Une souplesse est indispensable. On ne doit pas pénaliser les boulangeries par rapport aux shops qui peuvent fermer très tard.»

Privilégier la qualité

Lui qui a remplacé Philippe Nantermod au Grand Conseil n'axera pas toute sa législature sur ce sujet, mais promet de se battre chaque fois que le sujet sera abordé. Car, selon lui, les boulangers sont peu actifs en politique et donc peu représentés et défendus.

Ce que confirme Didier Ecoffey, président de l'Association romande des boulangers-pâtissiers-confiseurs. «C'est très difficile pour nous de nous faire entendre. Or la profession souffre beaucoup. En moyenne, c'est une boulangerie qui ferme par semaine. En raison de la concurrence industrielle, mais aussi du tourisme d'achat à l'étranger dans les cantons frontaliers.» Pour lui, il faudrait protéger le terme de boulangerie, mais même cela n'est pas sans difficulté. «Imposer qu'une enseigne produise son pain sur place pénaliserait de bons artisans qui produisent à un seul endroit et vendent dans plusieurs magasins.» La solution pour survivre? «Faire preuve de créativité, de souplesse et surtout de qualité pour conserver la clientèle. Sans trop d'entraves administratives.»

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