Témoignage: Il m'aurait dit: «Je fais mon travail, maman, c'est tout»

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TémoignageIl m'aurait dit: «Je fais mon travail, maman, c'est tout»

La mère du gendarme héroïque, Arnaud Beltrame, 45 ans, mort en prenant délibérément la place des otages, s'est confiée ce matin à RTL, avant que son fils ne succombe à ses blessures.

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Deux hommes de l'entourage de Radouane Lakdim ont été déférés au tribunal de Paris en vue de leur mise en examen. Ils sont soupçonnés d'avoir fourni des armes à l'auteur des attentats de Trèbes et Carcassonne en mars 2017. (Vendredi 28 juin 2019)

Deux hommes de l'entourage de Radouane Lakdim ont été déférés au tribunal de Paris en vue de leur mise en examen. Ils sont soupçonnés d'avoir fourni des armes à l'auteur des attentats de Trèbes et Carcassonne en mars 2017. (Vendredi 28 juin 2019)

AFP
Six personnes - des membres de l'entourage familial et amical de l'auteur des attaques de Carcassonne et Trèbes avaient été interpellées et placées en garde à vue mardi. Trois d'entre elles ont été mises en examen et placées en détention provisoire, a-t-on appris ce samedi.  La garde à vue des trois autres a été levée. (20 octobre 2018)

Six personnes - des membres de l'entourage familial et amical de l'auteur des attaques de Carcassonne et Trèbes avaient été interpellées et placées en garde à vue mardi. Trois d'entre elles ont été mises en examen et placées en détention provisoire, a-t-on appris ce samedi. La garde à vue des trois autres a été levée. (20 octobre 2018)

AFP
Habitants et proches des victimes étaient rassemblés jeudi dans le sud-ouest de la France pour les derniers hommages et les obsèques des quatre personnes tuées par le djihadiste Radouane L. (Jeudi 29 mars 2018)

Habitants et proches des victimes étaient rassemblés jeudi dans le sud-ouest de la France pour les derniers hommages et les obsèques des quatre personnes tuées par le djihadiste Radouane L. (Jeudi 29 mars 2018)

AFP

Peu avant que l'on ne sache que son fils allait succomber à ses blessures, la mère d'Arnaud Beltrame, 45 ans, gendarme héroïque qui a pris la place des otages hier lors de l'attaque dans un supermarché de Trèbes, près de Carcassonne, a pris la parole sur les ondes de RTL. «Il a toujours été comme ça. C'est quelqu'un qui, depuis qu'il est né, fait tout pour la patrie (...) Il me dirait : 'Je fais mon travail maman, c'est tout.»

Après l'annonce de son décès, c'est son frère, Cédric Beltrame, qui s'est confié sur les ondes de la même radio. Il ne réfute aucunement le qualificatif de héros. «Il a donné sa vie pour quelqu'un d'autre. Il savait certainement qu'il n'avait pratiquement aucune chance», a-t-il témoigné sur RTL.

Les enquêteurs tentaient samedi de déterminer les circonstances de l'attentat djihadiste, perpétré la veille dans le sud-ouest de la France par un assaillant qui a été abattu après des attaques ayant fait quatre morts, dont un gendarme célébré en héros pour avoir pris la place d'otages.

«Il est tombé en héros», a également salué le président Emmanuel Macron dans un communiqué, soulignant qu'il a fait «preuve d'un courage et d'une abnégation exceptionnels».

«Seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous», a témoigné le père Jean-Baptiste, qui a accompagné Arnaud Beltrame et son épouse Marielle dans leur préparation au mariage religieux, prévu en juin. Grièvement blessé, l'officier a succombé à ses blessures samedi à l'aube, devenant la quatrième victime de cet attentat.

«Mort pour la patrie. Jamais la France n'oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice», avait tweeté peu avant le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

En berne

L'ensemble des drapeaux et étendards de la gendarmerie sera mis en berne samedi, a tweeté la gendarmerie nationale. En début de matinée, une rose blanche était accrochée au portail de la caserne de gendarmerie de Carcassonne (sud-ouest).

«Très excité»

Radouane L. a entamé son équipée meurtrière peu après 10 heures vendredi en volant à Carcassonne une voiture dont il tue le passager et blesse grièvement le conducteur.

Il se dirige ensuite vers une caserne de parachutistes où il patiente «quelques minutes vraisemblablement afin d'attendre des militaires», puis fait demi-tour et se dirige vers une caserne de policiers où il tire sur quatre d'entre eux rentrant d'un footing, blessant l'un, avant de prendre la fuite.

Vers 10h15, il entre dans un supermarché Super U de la localité voisine de Trèbes, «en criant Allah Akbar» et «en se présentant comme un soldat de l'EI» prêt à «mourir pour la Syrie», selon François Molins. Il y tue deux autres personnes, un employé et un client. «J'ai vu un individu très excité qui avait une arme de poing, un couteau et qui criait Allah Akbar», a raconté Christian Guibbert, ex-policier, qui faisait ses courses et qui a mis plusieurs clients à l'abri «dans un frigo de boucher».

Sortis par l'arrière

«On a fait sortir des collègues et des clients par la porte de secours à l'arrière», a confirmé Jacky, collègue de travail d'une des victimes à la boucherie du supermarché. «Il a été tué d'une balle dans la tête à bout portant», a-t-il ajouté.

Dépêché sur les lieux, le lieutenant-colonel Beltrame, se propose en échange de la libération des clients ou employés du magasin qui n'avaient pas réussi à s'enfuir. Vers 13h20, le djihadiste ouvre le feu sur le gendarme, déclenchant l'assaut des policiers, selon François Molins.

La France vit sous la menace terroriste depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent qui avant ces attaques ont fait 241 morts depuis 2015.

Trump réagit

Le président américain Donald Trump a dénoncé samedi l'«horrible attaque» menée par un jihadiste qui a fait quatre morts dans la région de Carcassonne (sud de la France), assurant son homologue français Emmanuel Macron que les Etats-Unis étaient à ses côtés.

«Nos pensées et nos prières sont avec les victimes de l'horrible attaque hier en France, et nous pleurons la perte de cette nation», a tweeté M. Trump, condamnant notamment les «actions violentes» de l'auteur de l'attentat. «Nous sommes avec vous @EmmanuelMacron!», a-t-il poursuivi.

(AFP)

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