Il manque encore 50 000 signatures pour le Revenu de base inconditionnel

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Nouvelle initiativeIl manque encore 50 000 signatures pour le Revenu de base inconditionnel

Lancée en septembre 2021, la deuxième initiative visant à instaurer le RBI a souffert de la pandémie. Oswald Sigg dénonce la dérive financière des récoltes de signatures.

par
Eric Felley
Le revenu de base inconditionnel est censé lutter contre la pauvreté et assurer une vie digne à tout un chacun.

Le revenu de base inconditionnel est censé lutter contre la pauvreté et assurer une vie digne à tout un chacun.

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Lancée en septembre 2021, la deuxième initiative visant à instaurer un Revenu de base inconditionnel (RBI) en Suisse a de la peine à récolter les signatures. Selon Oswald Sigg, membre éminent du comité d’initiative: «Nous avons pour objectif de rassembler 120 000 signatures et actuellement, il nous en manque encore 50 000». Le temps presse, car le délai pour leur dépôt à la Chancellerie fédérale est fixé au 21 mars.

«Second souffle»

Le peuple suisse avait refusé une première proposition en 2016 par 76,9% des voix. Le nouveau texte affine la question du financement et propose comme la première fois de partir sur un revenu de base de 2500 francs par mois et par personne. Mais, avec la pandémie du Covid19 l’hiver dernier, la récolte de signatures n’a pas été simple. Thomas Produit, membre du comité de l’initiative, espère un nouvel élan: «Une nouvelle stratégie était nécessaire pour avoir une chance de voir la récolte aboutir. Elle est aujourd’hui gérée par un groupe de personnes mandaté par le comité d’initiative pour lui donner un second souffle».

Récolte rémunérée de signatures

Le comité reste convaincu que c’est possible, même si beaucoup d’efforts doivent encore être fournis. Les initiants ont besoin de se relancer médiatiquement, de motiver encore des bénévoles et de trouver encore de l’argent: «La manière de récolter les signatures semble avoir changé fondamentalement par rapport à l’ère préCovid, observe Thomas Produit. Force est de constater, malheureusement, que le recours à la récolte rémunérée est indispensable pour toute initiative populaire de nos jours».

Jusqu’à 4.50 francs la signature

Oswald Sigg constate que cette façon de faire met en danger la démocratie directe: «En tant que groupe de citoyens sans parti, ni syndicat, nous sommes obligés d’avoir recours à des agences pour récolter des signatures. C’est un phénomène assez nouveau. Il y a quinze ans, cela n’existait pas. Aujourd’hui il y a un «prix du marché» pour ces signatures qui peut aller jusqu’à 4.50 francs par unité. Pour nous c’est impossible, nous n’avons pas cet argent. Mais cela pose une question fondamentale sur le rôle de l’argent pour l’exercice des droits politiques. Pour un comité citoyen, avant de lancer une initiative, il faut d’abord trouver un demi-million, voire un million de francs. Cette situation est contraire au principe même de la démocratie directe».

Une deuxième initiative trop tôt?

Cette deuxième initiative n’a-t-elle pas été lancée trop tôt après l’échec de 2016? «Nous sommes convaincus que le moment était au contraire opportun, répond Thomas Produit. En effet, le Covid a eu un double effet catalyseur concernant le RBI. Le premier est que bon nombre de gens ne sont pas pris en compte dans les politiques sociales actuelles et le Covid a mis cela au jour de manière flagrante et douloureuse. Le second est que le Covid a démontré la capacité de la Confédération à lever et gérer rapidement de grandes sommes d’argent à mettre à disposition de la population. Tout cela sans vraiment mettre en péril les finances étatiques».

Une idée de plus en plus concrète

Thomas Produit estime que les mentalités progressent autour de cette idée novatrice: «La première initiative sur le RBI a marqué les esprits. La majorité des gens ont ainsi eu l’occasion de se confronter à cette idée. Cela élève ainsi les débats et permet aux gens de discuter des aspects plus concrets et moins théoriques du RBI. En somme, les gens perçoivent aujourd’hui le RBI comme une vraie solution, ou du moins comme une vraie idée politique, et non plus comme un fantasme théorique».

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