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«Il n'a pas cherché la lumière, il l'a méritée»

Daniel Jeandupeux réagit avec émotion à la disparition de son ancien complice et coéquipier au FC Zurich

par
Sport-Center
Keystone

L'ex-joueur et sélectionneur de l’équipe de Suisse, s’est entendu comme larrons en foire avec Köbi Kuhn, durant quatre ans au FC Zurich. Joint par téléphone, il réagit avec émotion à la disparition de son ancien complice.

«L’annonce de son décès est un choc immense. J’ai joué quatre ans avec lui au FC Zurich (ndlr : 1971-75). C’était le maître de la maison, le leader de l’équipe mais aussi du club. Il avait un charisme énorme et, sur le terrain, c’était un magnifique joueur, qui savait tout faire. Il avait du coffre dans les duels – quel sacré combattant! –, il était agile dans les dribbles, il était capable de marquer, de passer, de dialoguer dans le jeu. Autant j’avais du mal à me trouver avec Martinelli – un très bon joueur aussi –, autant avec Köbi Kuhn on se comprenait. J’ai le souvenir de doubles une-deux, un régal. Avec Karl Odermatt à Bâle, c’étaient les deux grandes figures du foot suisse. Hors du terrain, Köbi était un personnage délicieux, simple. Et il était formidable aussi durant nos troisièmes mi-temps, où la bière coulait à flots – quand on gagnait. Köbi, c’était une légende qui ne se prenait pas pour un autre.

Le FC Zurich champion de Suisse 1974. Devant (troisième depuis la gauche), Daniel Jeandupeux et derrière (troisième depuis la droite) Köbi Kuhn. Keystone

»Je l’ai à nouveau côtoyé lorsque j’ai entraîné Zurich (1980-83), tandis que lui s’occupait des jeunes, toujours avec la même bonhomie, le même air de ne pas y toucher. A cette époque-là, je n’aurais jamais imaginé qu’il devienne le sélectionneur exceptionnel qu’il a été. J’ai l’impression qu’il ne cherchait pas ça, que cela lui est presque tombé dessus. C’est ma plus grande admiration envers Köbi: il n’a jamais cherché la lumière mais il l’a eue, comme joueur puis comme entraîneur. Parce qu’il l’a méritée.»

Simon Meier

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