Euro 2020 - «Il ne faut surtout pas sous-estimer le Pays de Galles»

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Euro 2020«Il ne faut surtout pas sous-estimer le Pays de Galles»

Les personnalités suisses donnent leur pronostic avant la première rencontre des joueurs de Petkovic ce samedi face aux Gallois.

par
Christian Maillard
La Suisse va-t-elle battre le Pays de Galles ce samedi à Bakou? Ce supporter n’est pas le seul à y croire…

La Suisse va-t-elle battre le Pays de Galles ce samedi à Bakou? Ce supporter n’est pas le seul à y croire…

FRESHFOCUS

Le Pays de Galles pour commencer? La Suisse n’a pas été gâtée par le tirage au sort. La bande à Petkovic n’a pas le choix: avec l’Italie et la Turquie dans le groupe, une victoire est pratiquement obligatoire ce samedi à Baku si elle désire passer le premier tour de cet Euro. C’est du moins l’avis général des personnalités que nous avons interrogées à quelques heures du coup d’envoi de cette première rencontre pour les Helvètes.

Slava Bykov: «Un nul ce ne serait pas si mal»

Slava Bykov: «J’ai la chance de pouvoir supporter deux équipes, la Suisse et la Russie. Par contre, je ne peux pas vous dire pour qui mon cœur penchera au cas où ils se retrouveraient en finale. Il faudra que je prépare deux bouteilles de champagne.»

Slava Bykov: «J’ai la chance de pouvoir supporter deux équipes, la Suisse et la Russie. Par contre, je ne peux pas vous dire pour qui mon cœur penchera au cas où ils se retrouveraient en finale. Il faudra que je prépare deux bouteilles de champagne.»

Pierre Albouy/LMS

Slava Bykov (ancien joueur de FR Gottéron, ex-internationale et sélectionneur de la Russie): «Le Pays de Galles est un pays de football avec des joueurs très robustes qui ont un caractère de guerriers et qui ne se privent pas d’aller aux contacts. À la manière des hockeyeurs, ils ne se gênent pas d’aller mettre le pied là où ça fait mal. Avec leur corps ils mettent aussi leur cœur. Comme c’est le début de la compétition, ils seront physiquement frais pour mettre avec beaucoup d’envie de l’intensité et d’emblée des gaz. Si j’étais à la place du coach gallois je ferais gaffe car en face ils vont affronter une équipe expérimentée avec des éléments de classe. Le staff de l’équipe de Suisse, qui a beaucoup de métier, a suffisamment d’informations sur ces Gallois pour savoir qu’ils devront être patients avant de sortir leurs atouts. J’espère qu’ils vont gagner car plus tu engranges des points au début, mieux c’est. Or, un nul au premier match ce ne serait pas si mal non plus. Tout dépend de la stratégie mise en place, si l’équipe est préparée pour monter en puissance physiquement dans le tournoi et jouer sur sa classe ou si l’objectif, comme aux Mondiaux de hockey, est de se mettre rapidement à l’abri pour éviter toute mauvaise surprise à la fin. On verra bien.

»J’aurai aussi un œil sur la Russie qui jouera dans la soirée contre la Belgique. Je connais bien le sélectionneur Stanislas Tchertchessov, c’est un copain. J’ai le sentiment que mes compatriotes deviennent très gourmands. Comme l’on dit, l’appétit vient en mangeant et là ils sont à table, à la maison, ce qui leur donne beaucoup d’énergie et de l’ambition. La Belgique pour commencer, ce n’est pas un cadeau, mais d’un autre côté, c’est intéressant d’affronter tout de suite une très forte équipe, qui ne sera peut-être pas encore à son top.

»J’espère surtout que cet Euro sera une belle fête de foot, après ces problèmes liés à la pandémie. Le monde et l’Europe en ont bien besoin. Les gens ont en marre, ils ont envie de faire quelque chose, de suivre des matches à la télé dans des fan zones ou sur place. On a tous besoin d’émotions positives et de reprendre la vie comme avant. Hop Suisse et allez la Russie, et bonne fête à tous les fans. J’ai la chance de pouvoir supporter deux équipes. Par contre, je ne peux pas vous dire pour qui mon cœur penchera au cas où mes deux favoris se retrouveraient en finale. Il faudra que je prépare deux bouteilles de champagne!»

Didier Cuche: «Les moyens d’aller assez loin»

Didier Cuche: «La première haie à passer est celle qui peut parfois poser problème…»

Didier Cuche: «La première haie à passer est celle qui peut parfois poser problème…»

Freshfocus

Didier Cuche (ancien champion de ski alpin): «La première haie à passer est celle qui peut parfois poser problème, parce que c’est le début de la compétition et qu’il y a forcément un peu de nervosité. Mais je pense que si les Suisses franchissent cet obstacle, ils ont les moyens d’aller assez loin dans le tournoi. C’est ce qu’on ressent dans les déclarations des joueurs ces derniers jours. Le Pays de Galles n’est pas une petite équipe, elle a, comme beaucoup de ces nations qui ne figurent pas parmi les favoris, les dents longues. Je vois bien un 2-1 pour la Suisse. Mais il est possible que les Gallois prennent l’avantage et que le score reste longtemps à égalité…»

Sébastien Roth: «Ne pas sous-estimer les Gallois»

«Cela ne va pas être une partie de plaisir pour les Helvètes, car si la Suisse a des arguments, les Gallois aussi.»

«Cela ne va pas être une partie de plaisir pour les Helvètes, car si la Suisse a des arguments, les Gallois aussi.»

Michel Perret/LMS

Sébastien Roth (3e gardien de l’équipe de Suisse à l’Euro 2004): «Je sens que ce match sera tendu. Il ne faut pas sous-estimer le Pays de Galles, il y a de très bons joueurs. C’est une équipe anglophone, assez physique, on connaît son style de jeu. Cela ne va pas être une partie de plaisir pour les Helvètes, car si la Suisse a des arguments, les Gallois aussi. Ceux qui prétendent que ce seront trois points assurés pour nous, ils se trompent. Je pense que nous allons nous imposer 2-1, mais d’entrer dans un tournoi est toujours compliqué. C’est surtout important parce qu’après, il faudra affronter l’Italie et la Turquie, deux grosses échéances. On a donc tout intérêt à comptabiliser des points contre le Pays de Galles, car si tu commences par une défaite, cela peut devenir très chaud, même avec les meilleurs troisièmes. C’est un groupe difficile où il ne sera pas simple de sortir vivant. Si l’Italie a souvent convenu aux Suisses lors des qualifications, dans un tournoi, c’est autre chose. Avec 28 matches sans défaite d’affilée, dont neuf rencontres de suite sans encaisser de but, les Transalpins possèdent une belle génération. Dans tous les cas, on se réjouit que ça commence.»

Sandy Maendly: «On va croiser les doigts»

Sandy Maendly: «Je pense que la Suisse a les moyens toutefois de remporter les trois points.»

Sandy Maendly: «Je pense que la Suisse a les moyens toutefois de remporter les trois points.»

Eric Lafargue

Sandy Maendly (championne de Suisse avec Servette Chênois féminin): «Il faut s’attendre à un match compliqué dans la mesure où c’est le premier du tournoi. Je pense que la Suisse a les moyens toutefois de remporter les trois points. C’est vrai qu’on ne connaît pas forcément très bien ces Gallois, mais pour les avoir vus lors d’un match amical face à la France, ils ne sont pas ridicules. Il faudra s’en méfier et ne pas oublier qu’ils ont des armes assez fortes dans leur formation, comme Gareth Bale. Mais on va croiser les doigts car après les deux autres matches derrière ça va être compliqué, on verra bien. Après pour un pronostic, je vois bien un 1-0 ou un 2-1.»

Daniel Rossellat: «Ne pas jouer avec le trouillomètre à zéro»

Daniel Rossellat: «S’il y a un match à gagner pour la Suisse, c’est bien celui-là.»

Daniel Rossellat: «S’il y a un match à gagner pour la Suisse, c’est bien celui-là.»

Florian Cella/24 heures

Daniel Rossellat (patron du Paléo et syndic de Nyon): «J’aurais bien voulu me rendre à Bakou, mais si c’était une sacrée expédition avant le Covid, maintenant c’est de l’acrobatie pour y aller. Ce qui est sûr, c’est que s’il y a un match à gagner pour la Suisse, c’est bien celui-là, car après l’Italie ce ne sera pas une promenade de santé, et la Turquie à la fin, selon ce qui s’est passé et la situation au classement, cela va nous rappeler des souvenirs. Je trouve qu’avec Petkovic à la bande, il y a eu de bonnes choses sur le terrain, mais il ne va pas falloir jouer avec le trouillomètre à zéro et surtout se méfier des balles arrêtées. Ce n’est pas gagné d’avance mais je vois bien la Suisse, qui aura su neutraliser Bale, s’imposer 3-1. Soyons optimistes.»

Léa Sprunger: «Je vois bien un 1 à 1»

Léa Sprunger: «Les deux équipes vont se regarder sans oser trop se livrer. Cela commence souvent ainsi lors des grandes compétitions.»
Freshfocus

Léa Sprunger: «Les deux équipes vont se regarder sans oser trop se livrer. Cela commence souvent ainsi lors des grandes compétitions.»
Freshfocus

Léa Sprunger (athlète, championne d’Europe du 400 m en salle en 2019): «Je vois bien un 1-1, parce que c’est le premier match du tournoi, une rencontre de poule et que les deux équipes vont se regarder sans oser trop se livrer. Cela commence souvent ainsi lors des grandes compétitions. Je ne suis pas une grande spécialiste, mais je ne suis pas inculte non plus. Avec un frère et un papa qui ont joué, j’ai été baigné dans le foot depuis toute petite. J’aime bien suivre l’Euro et les grandes compétitions à la télévision, même si là, avec Tokyo qui se profile, j’ai un peu moins de temps que lorsque j’étais plus jeune.»

Didier Défago: «Un match piège»

Diidier Défago: «Tout le monde est conscient que ce sera dur mais je pense que ça va bien se passer.»

Diidier Défago: «Tout le monde est conscient que ce sera dur mais je pense que ça va bien se passer.»

Yvain Genevay/LMS

Didier Défago (ancien skieur, champion olympique de descente à Vancouver): «De pouvoir revoir du sport, c’est une bonne chose. Je pense que les Suisses auront à cœur de montrer leur bon tour qualificatif. Même s’il y a eu des phases un peu difficile, le groupe a su rester uni avec une grande capacité à s’adapter tactiquement pour relever leur défi. Jouer contre le Pays de Galles d’entrée, c’est comme l’on dit un match piège. Maintenant, lors d’une première partie d’une grosse compétition, quand il n’y a pas encore de référence, il y a toujours l’envie de bien faire. Tout le monde est conscient que ce sera dur mais je pense que ça va bien se passer. Il n’y aura aucun excès de confiance, il n’y a aucun risque, les Suisses ne peuvent pas se le permettre. Pour moi, ce sera 2-1 pour nous, c’est important de bien entrer dedans et se mettre en confiance pour la suite. On croise les doigts. Je ne pourrai malheureusement pas suivre en direct, ou alors sur mon téléphone si ça ne mouille pas trop… comme je serai sur le Lac. Je participe au Bol d’Or.»

Mauro Martelli: «Il suffit de s’en convaincre»

Mauro Martelli: «Une fois que la machine sera en route, que le groupe sera en confiance, ce sera Morgarten, Marignan: ils vont tout écraser sur leur passage.»

Mauro Martelli: «Une fois que la machine sera en route, que le groupe sera en confiance, ce sera Morgarten, Marignan: ils vont tout écraser sur leur passage.»

DR

Mauro Martelli (ancien boxeur, cinq fois champion d’Europe): «A ce niveau-là, peu importe l’adversaire, c’est toujours difficile. Mais pour moi, la Suisse va s’imposer 2-0 ou 2-1, sans être trop inquiétée. Les joueurs de Petkovic ont les moyens de le faire, il suffit de s’en convaincre et de croire en eux, en appliquant les consignes collectivement. Face au Pays de Galles, les Suisses n’ont pas le choix, un Shaqiri et les leaders de cette sélection doivent montrer le chemin. Et après, une fois que la machine sera en route, que le groupe sera en confiance, ce sera Morgarten, Marignan: ils vont tout écraser sur leur passage. Je suis même convaincu qu’ils vont se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais c’est souvent après que cela se complique, même s’ils auraient les capacités d’aller plus loin. Ils sont souvent capables de battre le Brésil ou l’Italie et perdre ensuite contre une nation moins forte…»

Tout est prêt à Bakou pour que la Suisse s’impose…

Tout est prêt à Bakou pour que la Suisse s’impose…

AFP

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