24.04.2018 à 09:46

Il n’en peut plus de subir ce vacarme

Bière (VD)

Posée à l’endroit de l’ancien moulin, l’installation hydroélectrique à vis dépasse le niveau sonore admissible. Au grand dam d’un voisin propriétaire.

par
Anne-Charlotte Müller
Norbert Maendly se bat pour ne plus subir tous les bruits générés par la vis hydrodynamique, installée en face de sa maison.

Norbert Maendly se bat pour ne plus subir tous les bruits générés par la vis hydrodynamique, installée en face de sa maison.

Jean-Guy Python

Norbert Maendly est en train de devenir chèvre. Depuis six mois, le sexagénaire est contraint de supporter le vacarme incessant de l’installation hydro­électrique à vis construite sous sa fenêtre, dans le lit de l’Aubonne. Posée en avril 2017 à l’initiative des trois copropriétaires de l’ancienne forge de Bière (VD), la vis tourne à plein régime depuis octobre dernier et dépasse le niveau sonore admissible.

Une machine à laver allumée en permanence

«La première fois qu’elle s’est mise en marche, j’étais avec ma famille sur la terrasse. Tout le monde s’est levé pour voir ce qu’il se passait. Ça a commencé doucement puis le mouvement s’est amplifié. Depuis, je ne peux plus dormir les fenêtres ouvertes. C’est comme si une machine à laver tournait non-stop dans la pièce d’à côté», déplore-t-il. Propriétaire de l’immeuble situé en face de l’installation, Norbert Maendly avait décidé que, pour l’année de sa retraite, il ferait de sa résidence secondaire à Bière son havre de paix. Vu les circonstances, il s’est mis à écumer les agences immobilières pour vendre l’immeuble. «Je me suis ravisé quand j’ai compris que probablement personne ne voudrait du bâtiment.»

66 à 70 décibels

Et pour cause, fenêtre ouverte, le bruit s’élève à 66 décibels dans son salon. Dans l’appartement du bas, loué par une famille, il monte à 70 décibels, selon l’expertise d’une entreprise privée mandatée par Norbert Maendly. Or, le bruit ne devrait pas excéder 60 décibels le jour et 50 la nuit en valeur de planification. En effet l’affectation du lieu est en zone de sensibilité 3.

Épaulé par un avocat, Norbert Maendly a entamé une procédure accompagnée par une lettre de son locataire du dessus, également épuisé par le bruit. La famille logée au-dessous de chez lui n’a pas voulu se plaindre. Les autres locataires, moins exposés, ne se sont pas spécialement manifestés.

«Les copropriétaires responsables de l’installation ne bougeront pas tant qu’ils n’y seront pas contraints», estime Norbert Maendly.

Ces derniers attendent les résultats de la Direction générale de l’environnement (DGE) qui s’est rendue sur place la semaine dernière pour évaluer le bruit. «Nous attendons l’expertise officielle, réagit Charles-Louis Crisinel, responsable administratif d’ABC Hydro Sàrl. S’il s’avère que le niveau sonore est plus élevé que les valeurs admissibles, et je pense que c’est le cas, alors nous mettrons en place un revêtement en bois sur la partie inférieure de la vis.»

La bête mesure 11 m de long, 2,30 m de diamètre et pèse 18 tonnes. Elle est capable de turbiner 2130 litres d’eau par seconde pour obtenir 300 000 kWh en moyenne par an, ce qui correspond à la consommation d’environ 60 ménages. La vis, mise en mouvement par le cours d’eau, transforme l’énergie hydraulique en énergie électrique.

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