Motocyclisme - Il n’y a pas de fumée sans feu
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PaddockIl n’y a pas de fumée sans feu

Que se cache-t-il derrière la double alerte technique qui a frappé la Yamaha de Franco Morbidelli vendredi après-midi? Silence radio...

par
Jean-Claude Schertenleib

Les mêmes images, à deux reprises, au même endroit, avec deux motos – la confirmation allait tomber un peu plus tard – différentes, mais le même pilote, le vice-champion du monde MotoGP Franco Morbidelli: un gros nuage de fumée blanche s’échappe du côté droit de la Yamaha M1 de l’Italo-Brésilien, à qui on signifie immédiatement qu’il doit sortir des limites de la piste et revenir à son stand. Du coup, de douloureux souvenirs remontent à l’esprit: Jerez de la Frontera, juillet 2020, des problèmes de moteur à répétition sur les Yamaha, qu’elles soient officielles (Viñales et Rossi à l’époque), ou du team satellite (Quartararo et Morbidelli).

La suite, on s’en souvient: des explications fumantes elles aussi, une entorse avérée à la règlementation technique – remplacement de certaines pièces par des éléments renforcés non homologués – et une punition très politique, puisqu’on avait retiré des points à Yamaha au classement des constructeurs MotoGP, mais on avait épargné les pilotes qui, certes, n’en pouvaient rien.

Quid, cette fois? «Les techniciens m’ont dit qu’il ne s’agissait pas d’un problème grave et je leur fais confiance», explique Morbidelli. «Le souci du jour n’est pas comme celui de Jerez, quand le moteur avait littéralement explosé. Aujourd’hui, je me suis arrêté parce qu’on m’a présenté le drapeau noir avec mon numéro. Au guidon, je ne ressentais pas de soucis particuliers et sur le tableau de bord, rien d’inquiétant n’apparaissait. Comme ce n’est pas grave, selon les ingénieurs, nous allons pouvoir continuer d’utiliser tous nos moteurs et c’est le plus important», poursuit le vice-champion du monde. Rappelons que chaque pilote MotoGP dispose de sept moteurs pour l’ensemble de la saison.

Les effets secondaires du vaccin

Le gouvernement qatari a proposé à tous les membres de la «bulle MotoGP» de se faire vacciner contre le Covid-19. Certains ont hésité, d’autres ont renoncé (c’est le cas de Jason Dupasquier), mais la plupart des pilotes, des techniciens et les quelques photographes autorisés à travailler dans le paddock ont profité de l’aubaine. Parmi les pilotes vaccinés, le champion du monde Moto2 de l’an dernier, l’Italien Enea Bastianini, brillant dixième de son premier GP en MotoGP.

Si tout s’est passé sans le moindre souci après la première dose, la seconde a eu des effets sérieux: «Bastia a passé une nuit blanche, avec des nausées et de la fièvre», explique son manager personnel, Carlo Pernat. D’autres se sont contenté de la première partie du traitement et ont remis à lundi la seconde ingestion; parmi eux, Valentino Rossi et son équipier Franco Morbidelli: «J’ai suivi les indications du sensible Valentino», rigole l’Italo-Brésilien.

Lüthi (19e) attendait plus. Nous aussi...

«Ce fut une journée difficile, nous attentions plus du début de ce second week-end qatari. Il nous manque quelque chose, le feeling n’est pas assez bon, ce qui se reflète sur nos chronos. Mais nous continuons de travailler durement, tous, ensemble. Le team produit un immense job, chacun est très motivé et c’est le plus important»: toute ressemblance avec des débriefings officiels précédents (voir la saison 2020) n’est peut-être pas un hasard. Allez, Tom, courage...

Un deuxième GP à huis clos

Dimanche dernier, pour le GP du Qatar, une partie des tribunes avait été ouverte aux spectateurs, selon des règles strictes de distanciation. Ce ne sera pas le cas, demain, pour le GP de Doha, sur le même circuit de Losail: «En raison de la situation actuelle du Coronavirus, Losail Circuit Sports Club, suivant en cela les recommandations du Ministère de la santé publique, a décidé que le GP de Doha se déroulera malheureusement à huis clos, sans spectateurs», précise le communiqué officiel.


GP de France: avec ou sans (spectateurs)?

C’était «le» bruit dans le paddock jeudi, d’immenses points d’interrogation sur la tenue ou pas du GP de France, au Mans, le week-end du 16 mai prochain. A un point tel que des confrères italiens imaginaient déjà, en cas de besoin de remplacement, d’une seconde course au Mugello. Vendredi, le promoteur du GP, Claude Michy, a mis les choses au point: «Suite aux dernières annonces gouvernementales et à une réunion tenue avec le Ministère des sports, l’événement est maintenu. Une décision sera actée d’ici la mi-avril quant à la possibilité ou non d’accueillir du public, et dans quelles conditions. Cette décision sera arrêtée en accord avec les autorités compétentes et se basera sur les règles établies par le Ministère des sports et par la préfecture de la Sarthe.»

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