Santé – Il n’y a pas une, mais trois maladies d’Alzheimer
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SantéIl n’y a pas une, mais trois maladies d’Alzheimer

Un consortium européen dirigé par l’UNIGE et les HUG réalise une découverte majeure sur ce type de dégénérescence du cerveau qui touche 10 millions de personnes en Europe.

Des chercheurs européens ont découvert qu’il existe trois maladies d’Alzheimer, chacune avec sa dynamique propre.

Des chercheurs européens ont découvert qu’il existe trois maladies d’Alzheimer, chacune avec sa dynamique propre.

Photo d’illustration/Getty Images/iStockphoto

Trois types de maladies d’Alzheimer et par conséquent trois manières de les appréhender et de les soigner. C’est en substance la découverte majeure qu’annoncent ce mardi avoir faite des chercheurs européens sous la houlette de l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), épaulés notamment par l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (l’INSERM) en France. Loin d’être une maladie monolithique où les mêmes causes produisent les mêmes effets, cette analyse propose une catégorisation des malades en trois groupes, chacun ayant sa dynamique propre. Cette conclusion, publiée dans la revue «Nature Reviews Neuroscience» induit un changement de paradigme majeur, estime l’UNIGE dans son communiqué publié ce mardi.

Jusqu’à présent, la maladie d’Alzheimer était considérée comme une cascade séquentielle d’événements biologiques en quatre étapes: un dépôt d’amyloïde apparaît dans le cortex cérébral (étape 1), puis la protéine tau hyperphosphorylée augmente (étape 2), elle s’agrège dans les neurones, provoquant une neurodégénérescence (étape 3), et enfin un déclin cognitif (étape 4), avec comme premier symptôme la perte de mémoire. Or, le premier médicament ciblant le dépôt de plaques amyloïdes dans le cerveau, est décevant. Il ne suffit donc pas de couper les ailes à ce dépôt au départ. De surcroît, certaines personnes présentant de l’amyloïde ne développent pas de symptômes cognitifs.

Deux questions sont donc à résoudre: pourquoi le médicament évitant le dépôt d’amyloïde n’est-il pas suffisant et comment certains malades présentant de l’amyloïde ne développent pour autant pas de symptômes cognitifs? «La maladie d’Alzheimer est plus complexe qu’il n’y paraît», commente Daniele Altomare, chercheur du consortium européen qui conclut: «Trois groupes de malades se distinguent selon leurs facteurs de risques, les caractéristiques de leur maladie et leur devenir.»

Modélisations possibles

La prédiction en cascade ne se confirme que dans l’un de ces trois groupes. Le deuxième groupe souffre d’une forme sporadique de la maladie dont le développement dépend d’une variation génétique. Dans le troisième groupe, sans mutation génétique associée, la présence de protéines neurotoxiques apparaît comme un facteur de risques important mais pas unique. Or, la moitié des patients appartient au troisième groupe, selon les scientifiques. Le modèle considéré jusqu’à présent doit donc être réajusté selon cette découverte. La prévention de la maladie d’Alzheimer sera différenciée également selon cette nouvelle modélisation possible.

(comm/mem)

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