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ArgovieIl n’y aura pas de centre de requérants à Bettwil

Plus de cent requérants d’asile auraient dû trouver refuge à Bettwil, en Argovie. Il n’en sera rien.

Le projet de centre avait crée une vague de contestation dans ce village de 560 âmes.

Le projet de centre avait crée une vague de contestation dans ce village de 560 âmes.

Keystone

Les opposants au centre de requérants d’asile prévu à Bettwil (AG) fêtent une «victoire d’étape». Les autorités argoviennes ont fait savoir jeudi qu’aucun permis de construire ne pouvait être délivré pour transformer le cantonnement militaire de la commune en hébergement pour une centaine de requérants.

L’Office fédéral des migrations (ODM) prévoyait d’augmenter considérablement la capacité d’accueil de l’abri militaire, ce qui nécessiterait un permis de construire. Après avoir effectué un examen juridique, le gouvernement argovien conclut qu’un tel permis ne peut être délivré, même pour une utilisation provisoire.

En effet, en l’absence d’une réglementation spéciale pour ce genre de cas, il n’y a pas de base légale permettant d’autoriser un agrandissement. L’installation militaire de Bettwil ne se trouve pas en zone à bâtir, expliquent les autorités dans un communiqué. L’ODM était d’avis qu’une utilisation limitée dans le temps ne nécessitait pas de permis. La Confédération prévoyait de placer entre 80 et 100 requérants pendant six mois dans la commune de 560 habitants.

Projet pas encore abandonné

Malgré les conclusions de l’analyse juridique, Berne ne voit pas de raison d’enterrer le projet. «Il s’agit d’une expertise, pas d’un jugement définitif», relativise Michael Glauser, porte-parole de l’ODM.

Le groupe de travail Bettwil, composé de représentants de l’ODM, du canton d’Argovie et de la commune va se pencher sur les conclusions de l’expertise et décider de la suite à y donner.

«Des soucis pour rien»

La municipalité de Bettwil ne s’attend toutefois pas à ce que la Confédération maintienne son projet. «Je ne peux pas m’imaginer que l’ODM passe outre les conclusions juridiques du canton», a déclaré le maire Wolfgang Schibler (UDC).

Reste que le Conseil d’Etat argovien aurait pu s’épargner bien des soucis si la situation légale avait été sérieusement étudiée dès le début, constate M. Schibler. «Bettwil n’aurait alors jamais été au centre des discussions. Nous aurions pu économiser du temps et de l’argent».

Gouvernement «crédule»

Le président du gouvernement cantonal Urs Hofmann (PS) a reconnu que les bases légales auraient dû être examinées plus tôt. On a été «un peu crédule», a-t-il avoué sur les ondes de la radio alémanique DRS.

La population de Bettwil et de sa région s’était opposée avec vigueur à l’accueil de requérants dans la commune. Une pétition de protestation avait réuni 9760 signatures. Le comité Probettwil, qui a organisé la collecte, parle d’une «victoire d’étape».

Accord à Zoug

A Zoug par contre, l’ancien foyer pour personnes âgées «Waldheim» pourra accueillir au maximum 60 requérants jusqu’à la fin de 2013. Deux voisins qui avaient déposé un recours administratif ont retiré leur opposition, a indiqué jeudi le département des travaux publics.

Après d’intenses discussions, un compromis a été trouvé. Les opposants ont obtenu que le centre soit fermé au plus tard le 31 décembre 2013. Aucun requérant débouté n’y sera logé et des contrôles seront opérées aux entrées 24 heures sur 24.

L’UDC s’était mobilisée pour s’opposer à ce centre. Au parlement communal de la ville de Zoug, le parti avait déposé une motion exigeant la création de «zones interdites aux requérants».

(ATS)

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