Colline du Mormont (VD) - «Vous avez créé un mouvement qui n’est pas près de s’arrêter»
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Colline du Mormont (VD)«Vous avez créé un mouvement qui n’est pas près de s’arrêter»

Une manifestation contre la «répression juridique et policière» a eu lieu samedi après-midi à Lausanne. Parmi les centaines de participants, de nombreux soutiens aux zadistes, dont le Prix Nobel de chimie, Jacques Dubochet.

Samedi à Lausanne, une dizaine de collectifs ont appelé à manifester contre la «répression policière et juridique».

Samedi à Lausanne, une dizaine de collectifs ont appelé à manifester contre la «répression policière et juridique».

20min/François Melillo

Samedi, une manifestation s’est tenue à Lausanne sur le coup de 13h, regroupant plusieurs centaines de personnes, «450» estime la police. Une dizaine de collectifs – dont solidaritéS et Extinction Rebellion – ont appelé à manifester contre la «répression policière et juridique», demandant aussi la démission de la conseillère d’Etat Béatrice Métraux (Vert-e-s), cheffe du Département de l’environnement et de la sécurité. Le cortège est parti de la place du Château. «Des témoignages alarmants évoquent des traitements violents, dégradants et illégaux sur les personnes retenues en garde à vue et sur celles leur ayant manifesté leur soutien», mentionnait ce matin le communiqué de solidaritéS.

«Vous avez créé un mouvement qui n’est pas près de s’arrêter», a lancé Jacques Dubochet à la foule. Le prix Nobel de chimie a qualifié de «héros» ceux qui étaient, encore tôt ce samedi matin, les deux derniers occupants de la zone à défendre du Mormont. «C’est la première ZAD de Suisse, mais pas la dernière», a assuré une militante au micro. Le défilé s’est ensuite mis en marche, puis a marqué un arrêt à l’Hôtel de police municipale, rue Saint-Martin. Après une dernière prise de parole, la foule s’est dispersée peu après 14h30 sur les marches du Palais de Rumine.

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20min/François Melillo
20min/François Melillo
20min/François Melillo

Selon le porte-parole de la police lausannoise, Sébastien Jost, «un groupe d’une centaine de personnes a ensuite déambulé dans la ville, tagué et cassé des panneaux d’affichages» dans les rues de la capitale vaudoise. Celles-ci ont été dispersées par la suite par les forces de l'ordre.

Plus de zadistes sur la colline

Les deux derniers activistes qui demeuraient sur l’ancienne ZAD (zone à défendre) perchés dans des arbres de la colline du Mormont près d’Eclépens (VD), sont à terre, a annoncé la police cantonale vaudoise sur Twitter, samedi à la mi-journée. Après avoir passé une nouvelle nuit à 15 mètres de hauteur malgré les négociations, l’un d’eux a fait une chute et a été conduit à l’hôpital.

Selon le communiqué de la police, le zadiste a fait une chute de 5 à 7 mètres sur le coup de 11h30 et a été retenu par sa propre corde. Le personnel médical, les pompiers et les policiers présents sont rapidement intervenus. Le militant a expliqué avoir fait une mauvaise manipulation avec ses cordes.

L’homme a pu regagner lui-même le sol au moyen de son matériel d’escalade. Il a alors immédiatement été pris en charge par le médecin et l’ambulancier présents. Il souffre de blessures légères au niveau du visage et été emmené dans un hôpital pour des contrôles plus approfondis, précise la police.

Emmenés à l’hôpital

La deuxième personne, qui se trouvait également dans l’arbre, est descendue par elle-même une demi-heure après l’accident. Il s’agit d’une jeune femme. Elle a également été prise en charge par le dispositif médical et les policiers. Après un premier examen sur place, elle a aussi été emmenée à l’hôpital pour un contrôle.

Ces événements sont survenus moins de cinq minutes après la fin d’un contact entre le médecin sur place, la négociatrice de la police et les deux activistes qui se trouvaient dans l’arbre. Ces contacts avaient lieu au moyen d’un camion nacelle des pompiers qui permettait un rapprochement entre ces personnes pour établir un dialogue et évaluer leur état de santé, explique encore la police.

Pour rappel, depuis jeudi soir, les négociateurs et les gendarmes étaient en contact avec les deux activistes récalcitrants. Les négociations n’avaient pas abouti et les zadistes avaient décidé de rester une nuit supplémentaire. La police leur avait remis des fruits, des barres de céréales et du chocolat, ainsi que des bouteilles d’eau et deux couvertures de survie. À tout moment, rappelle la police, ils avaient la possibilité de descendre au moyen de leur matériel d’escalade.

(cht/lvb)

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