Espagne Il passe deux ans à l’hôpital à cause du Covid
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EspagneIl passe deux ans à l’hôpital à cause du Covid

Un chauffeur de taxi diabétique avait été infecté par le coronavirus en mars 2020. Après 26 mois d’hospitalisation, il a enfin pu sortir, mais ne travaillera plus jamais.

par
Michel Pralong
Le chauffeur de taxi passé deux mois dans le coma, en étant intubé. Photo d’illustration.

Le chauffeur de taxi passé deux mois dans le coma, en étant intubé. Photo d’illustration.

Getty Images

Eduardo Lozano, chauffeur de taxi à Barcelone, a attrapé le Covid en mars 2020. Le 22 mars de ce mois-là, il appelle les urgences, sur recommandation de ses amis parce qu’il ne se sentait pas bien. Diabétique, cet homme de 60 ans est alors admis aux soins intensifs. Il va passer 60 jours intubé, dans le coma, parce qu’il est atteint d’une double pneumonie. Il fera deux arrêts cardiorespiratoires.

Une fois réanimé, son kiné lui dira qu’il lui faudra certainement 3 ou 4 mois pour se remettre. Eduardo en passera 26 à l’hôpital. «Je suis allé dans la chambre 639, 656, 670 et quelque chose, à la 500 et quelque chose» énumère-t-il pour «elDiaro».

«Je n’ai plus rien dehors»

Ce n’est que le 6 mai dernier qu’il a enfin pu quitter l’hôpital, mais presque avec peur: «Je ne voulais pas partir car je n’ai plus rien dehors», confie-t-il au même journal. Sans famille, il a également perdu son emploi, qu’il ne pourra plus exercer car les séquelles sont trop lourdes: il aura une rente d’invalidité totale. Quand il est parti de l’hôpital Duran i Reynals, le personnel est venu le saluer, lui qui y était depuis si longtemps.

Comme il ne pourra plus être capable de vivre seul, il a regagné l’appartement d’une amie d’enfance où les deux chiens qui y vivent l’ont immédiatement reconnu malgré ses craintes qu’il soit oublié. En traversant la ville, l’ancien chauffeur de taxi a constaté qu’en deux ans, certains sens de circulation avaient changé dans les rues.

Lassé par les menus de l’hôpital

S’il confie que la nourriture de l’hôpital n’était pas mauvaise, il commençait en avoir marre de ces menus. Ses cicatrices sur le visage dues au port prolongé des masques et des intubations ne sont pas les seules traces que son hospitalisation aura laissées sur son corps. Son diabète s’est aggravé, sa capacité pulmonaire a diminué, tout comme sa masse musculaire. Sa rééducation n’est pas terminée.

Une fois chez son amie, interviewé par la journaliste, Eduardo se rend compte qu’il n’a toujours pas enlevé son bracelet d’hôpital: «Je m’y suis habitué. Je vais l’enlever», murmure-t-il. Mais il ne le fait pas, du moins pas tout de suite.

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