France: Il prend 20 ans pour avoir brûlé vive sa femme
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FranceIl prend 20 ans pour avoir brûlé vive sa femme

L'homme avait tué sa femme devant leur petite fille en 2017, car elle voulait le quitter. Il est condamné à 20 ans de prison.

Un homme condamné à rester derrière les barreaux pendant 20 ans pour l'horrible meurtre de sa femme.

Un homme condamné à rester derrière les barreaux pendant 20 ans pour l'horrible meurtre de sa femme.

AFP

Pas un «drame familial» mais un crime «odieux» commis, selon l'accusation, par crainte d'être abandonné: un homme a été condamné mercredi à Nanterre à 20 de réclusion pour avoir brûlé vive sa femme devant leur fille de sept ans.

Dans ses réquisitions, l'avocate générale, qui avait demandé «au moins 25 ans» de réclusion criminelle, était revenue sur cette soirée de septembre 2017 avec les «mots d'enfants» utilisés par la petite fille devant les enquêteurs.

«Papa était fou furieux vu que maman avait trouvé un autre amoureux», avait dit Camille (prénom modifié).

Dans son audition, diffusée à l'audience, elle a décrit les coups de poings au visage de sa mère à terre dans le salon de l'appartement du Plessis-Robinson, les «je vais te tuer» criés par son père.

Il voulait «faire peur»

«J'ai dit arrête à mon papa», lui «voulait pas». Il est parti chercher «une bouteille de gaz jaune», puis, montre-t-elle, «il l'a renversée, comme ça, sur maman».

«Après, il y avait le feu chez moi, et maman est morte». Camille n'a été sauvée que grâce à l'intervention des voisins qui ont défoncé la porte après avoir entendu «hurler à la mort» et vu la fumée.

Tout au long de son procès, Christophe J., 42 ans, «pas très grand et pas très costaud» comme le décrit sa défense, s'est souvent recroquevillé sur lui-même, ses propos entrecoupés de sanglots.

Il a maintenu n'avoir jamais voulu tuer sa compagne, tout au plus «faire peur» à celle qui était «tout» pour lui. Quelques semaines auparavant, Il avait appris qu'elle avait un amant. Le soir des faits, elle lui avait annoncé qu'elle voulait le quitter.

Selon lui, Ghylaine, 34 ans à l'époque, n'aurait reçu que des «éclaboussures» de l'essence qu'il s'était versé dessus avant d'allumer un briquet.

«J'ai tenté de me suicider et c'est tombé sur Ghylaine qui ne s'en est pas sortie», dit-il. Le président répète lentement, comme pour s'assurer d'avoir bien entendu.

«Une vraie famille»

La version de Christophe J., qui avait dit à des proches qu'il «cramerait l'appart» et se «foutrait en l'air» si elle le quittait, «ne tient pas» face aux témoignages et expertises, soulignera l'avocate générale. Ghylaine a pris feu «en une seconde», son soutien-gorge était «imbibé d'essence», elle a été «brûlée à 92%».

«Je me rappelle plus», «je n'avais pas dormi depuis 20 jours», répétera-t-il. Ses avocats mettent ses «trous de mémoire» sur le compte du «traumatisme», et des séquelles - il a été gravement brûlé le soir du drame.

Christophe et Ghylaine avaient 30 et 24 ans à leur rencontre en discothèque, dix ans plus tôt. Lui a eu une enfance heureuse - sa famille, nombreuse, était présente dans la salle -, est épanoui au travail, sportif. Ses proches le décrivent comme discret, gentil, serviable, fou amoureux de sa femme et papa poule. Il s'intègre bien dans la famille de Ghylaine, auxiliaire parentale puis boulangère.

Ce vendredi soir, il voulait «arranger les choses»... avant que sa compagne ne lui annonce son départ. «On formait une vraie famille», «j'ai pété un plomb», a-t-il assuré.

Celui qui n'avait jamais violenté sa compagne présente pourtant une personnalité «classique» des auteurs de féminicides, relève l'expert psychiatre qui l'a examiné: fragilité narcissique, forte dépendance affective à l'autre, possessivité exacerbée, peur panique qu'on l'abandonne.

Christophe J. n'est pas un «monstre», plaidera sa défense. «C'est un acte fou, mais un homme normal».

Dans ses derniers mots à la cour, il s'était excusé tout en s'incluant à nouveau parmi les victimes : «Ghylaine, Camille et moi avons vécu l'enfer». En le condamnant, la cour a ordonné le retrait total de son autorité parentale.

Avant le procès, Camille, aujourd'hui 9 ans et qui vit chez sa tante maternelle, a demandé à voir la salle où son père serait jugé.

Un an après la mort de sa mère, elle avait écrit dans son journal intime : «Maman j'ai fait de mon mieux pour pas que Papa te tue». Et signé : «La fille d'un meurtrier».

(AFP)

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